Belgacom

Les dirigeants syndicaux défendent-ils l'emploi?

Le contenu de l'accord

L'accord social chez Belgacom propose le "départ anticipé" des agents de 50 ans et plus ayant 20 ans d'ancienneté. (75% du salaire brut mensuel + prime de départ égale à 6 mois de salaire brut). Cela concerne 6.500 agents.

Plan de reconversion pour 4 à 6.000 autres agents, avec à la clé un plan de formation, plus de mobilité fonctionnelle et géographique, plus d'horaires atypiques.

Notre point de vue:

Après les fermetures de Clabecq, de Nova, de Boston Scientific, de Renault, d'Alcatel-Bell,... et les restructurations avec plan social à la clé à la SNCB, chez Boël et demain chez Cockerill-Sambre, Belgacom apport e sa contribution en détruisant 6.500 emplois avec la bénédiction des directions syndicales!

Le cap est mis sur plus de flexibilité, ici aussi avec la bénédiction syndicale!

Les "arguments" pour faire avaler la pilule

La perspective de la libéralisation totale du marché de la téléphonie au 1/1/98, l'aggravation de la concurrence qui en découlera obligent Belgacom à être plus "compétitif".

Belgacom tient compte de facteurs "humains" et "sociaux", c'est pourquoi

les licenciements "secs" sont évités au profit d'une formule basée sur le "volontariat", chaque agent étant libre d'accepter ou de refuser.

Notre point de vue:

Cette restructuration s'inscrit dans le processus de privatisation enclenché en 1991 qui entraîne la destruction du service public pour faire place à la logique privée de la rentabilité financière pure. En réduisant ses coûts, l'entreprise veut accroître ses profits. Mais même dans la logique de la rentabilité, s'il est vrai qu'en 1998 le marché "belge" s'ouvrira totalement aux opérateurs "étrangers", l'inverse est aussi vrai, d'autant plus que le marché est en pleine expansion. Non seulement les syndicats avalisent la destruction du service public, mais ils gobent n'importe quoi dans le cadre de la logique du marché.

Même si la méthode Belgacom vaut mieux que la méthode Renault, la direction de Belgacom n'avait pas d'autre choix: l'État reste l'actionnaire majoritaire. On imagine mal le gouvernement clamer son indignation devant la m& eacute;thode "Schweitzer" et faire de même chez Belgacom.

L'emploi est aujourd'hui la problématique n°1 du monde du travail. Le rôle des organisations syndicales est d'organiser l'action collective des travailleurs pour la défense de leurs intérêts communs, et pas d'aménager des solutions "à la carte". A ce rythme-là, chaque travailleur se retrouvera bientôt seul devant son patron pour défendre son travail.

La conclusion des dirigeants syndicaux:

Il s'agit d'un "bon" accord qui préserve les intérêts de l'entreprise et du personnel.

Notre point de vue:

Un accord qui planifie la perte de milliers d'emplois est un mauvais accord. Accepter les pertes d'emploi et la flexibilité, se résigner à accepter la détérioration des conditions de travail n'empêchera pas la direction de revenir à la charge demain avec d'autres plans de restructuration.

Il faudra donc une vigilance active en ce qui concerne le respect du statut des agents. A quand une mobilisation des travailleurs autour de propositions alternatives telles qu'on les vote à l'unanimité dans les congrès? Par exe mple la réduction du temps de travail sans perte de salaire avec embauche compensatoire. S'il y a aujourd'hui une entreprise bien florissante, c'est bien Belgacom!

Un groupe de travailleurs écoeurés.

Le Militant
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