Conservatoire de Liège
L'enseignement artistique et les institutions culturelles sont rarement à l'ordre du jour des médias. Les conditions d'enseignement y sont pourtant déplorables et les perspectives de décrocher emploi un fois le diplôme en poche sont assez minces. Un ancien étudiant en art dramatique au Conservatoire de Liège fait part de son expérience .
Q. Quelles sont les perspectives d'emploi pour un étudiant qui sort de section art dramatique.
R. Dramatique! Dans la majorité des cas, les étudiants commencent à avoir des activités professionnelles après avoir obtenu un premier prix. Ils peuvent alors s'inscrire au cours supérieur "leur permettant de poursuivre leur formation" et tentent de décrocher des engagements dans des théâtres en bonne relation avec le conservatoire. A Liège, par exemple, au Théâtre de la Place.
Malheureusement, les contrats ne sont pas clairs. Par exemple un contrat d'un mois pour un projet de six semaines! Ce qui fait qu'on n'est ni payé ni assuré pendant deux semaines. La signature d'une convention collective avec la direction a cependant amélioré un peu les choses.
Q.: Cela a-t-il été aisé à obtenir?
R.: Nous avions une série de revendications notamment en terme de rémunération: salaire minimum de 75.000F brut par mois (un projet dure en moyenne 6 semaines). Malgré les lettres et les démarches de la CGSP, la direction a fait la sourde oreille.
A l'occasion d'un spectacle mis en scène par le direction du Théâtre, Jean-Louis Collinet,, nous avons décidé de faire grève le jour de la première représentation. Les derniers jours de répétition ont été tendus. Finalement le directeur a signé la convention deux jours avant la première. Mais il faut encore négocier des modalit&e acute;s concrètes.
Q.: Quelles sont les perspectives d'emploi pour un jeune comédien? Quelle est la situation dans le monde du théâtre?
R.: Le principal employeur est l'ONEm! Il y a en Belgique francophone une trentaine de comédiens qui vivent de leur métier à part entière. Les autres doivent avoir une autre occupation pour joindre les deux bouts: enseig ner, encadrer des stages, ou encore effectuer un autre métier. La situation se dégrade de plus en plus: il y a moins de représentations pour un même spectacle, la télévision y accorde moins d'importance.
Q.: Comment places-tu ces problèmes dans la période que nous connaissons?
R.: Il n'y a plus de projet culturel. Que vient faire l'art dans une société où la rentabilité et l'argent sont devenus les seules valeurs?
Propos recueillis par Hani Heshmat