Clabecq
Jusqu'à la lie...
Les dirigeants nationaux des centrales syndicales qui ont trahi la lutte des travailleurs de Clabecq en juillet dernier(1) boiront donc le calice jusqu'à la lie. Ils viennent en effet de signer un accord de paix sociale pour cinq ans... alors que le moindre franc n'a pas encore été investi et que personne n'est encore réembauché! Et ceci afin de "rendre une confiance durable aux banques". Autrement dit, malgré toutes ses rodomontades Duferco n'a pas encore obtenu de crédit bancaire et il envoie les secrétaires syndicaux nationaux jouer les garçons de courses.
Outre une paix sociale de cinq ans, l'accord fixe un nombre restreint de délégués et la réglementation des assemblées du personnel(2). Mais ce n'est pas tout. Ces preux chevaliers de la collaboration de classe ont négocié une grille de salaire: 300FB (brut!) de l'heure pour les ouvriers + diverses primes (assiduité, performances, résultats financiers de l'entreprise). C'est bien connu, les primes ne sont pas faites pour être payées mais pour sauter, sans quoi on les inclurait directement dans le salaire...
Coumont, un des secrétaires nationaux signataires de l'accord déclare: "Chacun fait sa part d'effort"(2). Ah bon? Les salaires des secrétaires syndicaux ont donc subi le même sort?
Guy Van Sinoy
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(1) Maton (CMB), Delory (CSC-Métal), Labarbe (SETCa) et Coumont (CNE).
(2) Alors que tout cela est prévu par des conventions nationales.
(3) La Libre Belgique du 17/11/97.