Rue des Deux Églises

 

Crise de foi au PSC

Le Parti social chrétien est entre dans la crise la plus profonde de son histoire. Et il ne s'agit pas ici d'une simple querelle de clochers. La fracture est béante entre ceux qui s'accrochent vaille que vaille à un parti qui sombre dans les sondages et ceux qui veulent le saborder et changer d'embarcation. Quelle que soit l'issue de la crise, le plus ancien parti politique de ce pays n'en sortira pas indemne. Ce séisme dépasse de loin le petit monde chrétien francophone.

On ne dégringole pas impunément dans les sondages sans que les questions existentielle ne se posent. L'ancien président Gérard Deprez l'a fait sans états d'âme. Pour lui, le PSC n'a plus de raison d'être tel quel et doit convoler avec le PRF-FDF pour former une grande fédération de centre droite. Il faut bien avouer qu'entre un PS qui file vers le libéralisme et un PRL qui fait du racolage "social", le parti du "centre" cherche ses marques depuis plusieurs années. Sans compter que sur le plan des valeurs et de l'éthique il s'est montré peu attentif aux nouvelles aspirations de la population, y compris chrétienne.

L'élection à la présidence de Nothomb - véritable incarnation de l'immobilisme - n'a fait que précipiter la crise. Mais la situation ne se résume pas entre un Nothomb et Deprez: il y a la démocratie chrétienne, un large courant de "gauche" qui refuse toute alliance avec la droite.

Du côté de la CSC, on ne semble pas verser beaucoup de larmes sur la tombe du sacro-saint "parti relais". Au fil du temps, les liens entre parti et syndicat chrétien se sont effilochés. Le poids des mutualités, de l'enseignement et des innombrables associations chrétiennes pèse, quoique moins important que celui de la CSC. A terme, le PSC semble donc voué à disparaître. La question se posera alors inévitablement aux travailleurs de la CSC de trouver un prolongement politique indépendant de la bourgeoisie.

Michaël Stone



Le Militant
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