Pas de commissaire Vlaams Blok à Schaerbeek!

 

Décidément Vande Lanotte n'en rate pas une. Après avoir suspendu pendant quelques mois le commissaire de police de Schaerbeek Johan Demol après que celui-ci ait reconnu avoir menti sur son appartenance passée une milice d'extrême-droite dissoute (Front de la Jeunesse), Johan Vande Lanotte a décidé de réintégrer Demol dans ses fonctions le 19 décembre prochain... après que celui ait ouvertement manifesté ses sympathies pour le Vlaams Blok! Voilà ce qui s'appelle avoir de la suite dans les idées!

Cette décision du ministre de l'Intérieur apparaît comme une véritable provocation, d'autant plus qu'elle intervient au lendemain du vote par le Conseil communal de Schaerbeek d'une motion exigeant le retrait définitif de Demol. Le bourgmestre Duriau, qui n'avait sanctionné son commaissaire qu'à contrecoeur, a dû s'y rallier sous la pression de sa propre majorité.

Comment ose-t-on confier la responsabilité de la quatrième police communale de ce pays sur le plan des effectifs, à un personnage aussi sournois que Demol. Après avoir nié avoir appartenu au Front de la Jeunesse (FJ), Demol a dû reconnaître qu'il mentait après que la presse eut publié la photocopie de sa carte d'adhésion. Le Front de la Jeunesse était une milice ultra violente. A l'époque, Demol était gendarme. Au début des années 80 deux de ses membres avaient assassiné à coup de feu deux consommateurs maghrébins dans un café proche de leur local. Ils s'étaient ensuite enfuis en Amérique latine. Grâce à quelles complicités?

Quand le Vlaams Blok a déclaré récemment que si Demol était sanctionné, il figurerait en tête de sa liste pour les prochaines élections, Demol n'a fait aucune dénégation. Au contraire, il s'est contenté de déclarer que le Vlaams Blok avait été le seul parti à le soutenir!

Il faut dire que les méthodes violentes du Vlaams Blok ne diffèrent pas beaucoup de celles du FJ. Le 22 janvier, Jeroen Mol leader du NJSV à Bruges, a fait exploser une grenade à son propre domicile pour en accuser les antifascistes, et Militant/Blokbuster en particulier. Cet attentat a été le point d'orgue d'une campagne d'agressions contre les progressistes orchestrée par le NJSV à Bruges. Le NJSV est une milice fasciste dont le secrétariat brugeois est à la même adresse que celui du Vlaams Blok et qui compte le président de ce parti parmi ses "membres d'honneur". Le 10 juin, le café "De Roeland" à Gand, qui abrite le quartier général local du Vlaams Blok, a été incendié par son propre gérant. Cinq personnes n'en ont réchappé que de justesse. Le Vlaams Blok s'est présenté comme une victime de la "terreur rouge". Le gérant du café, membre du Blok, a finalement avoué aux autorités judiciaires qu'il avait lui-même bouté le feu à son établissement pour escroquer l'assurance!

Demol prétend "rétablir l'ordre" et la sécurité à Schaerbeek. Il veut sans doute parler de l'Ordre nouveau. Comment peut-on tolérer un seul jour de plus la présence à la tête de la police d'une commune à forte population immigrée d'un commissaire qui ne cache pas ses accointances avec des organisations fascistes, violentes et racistes? Quoi qu'il arrive Vande Lanotte devra assumer les responsabilités politiques de ses actes.

Le 6 octobre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de ville de Schaerbeek pour exiger le retrait définitif de Demol. Militant s'associe à cette campagne. Il s'agit d'informer et de mobiliser le plus largement possible afin d'empêcher le retour du commissaire avec une chemise noire. Et comme disait Malcolm X: "By any means necessary..."

Thierry Pierret



Le Militant
Hosted by www.Geocities.ws

1