Krach boursier à Hong Kong

Les perspectives économiques du FMI descendues en flamme

Il y a un mois, le sommet de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) réunis à Hong Kong prévoyaient une croissance moyenne de l'économie mondiale de 3 à 3,5% pour les prochaines années. A partir de ce pronostic, toutes les institutions économiques on revu à la hausse leurs prédictions. Ces perspectives optimistes viennent d'être contredites par l'évolution de la bourse de Hong Kong. Le 23 octobre l'indice Hang Seng à perdu 10,7% de sa valeur. En un mois la perte est de 33%! Cela s'appelle un Krach.

Les incertitudes sur la parité entre le dollar de Hong Kong et celui des Etats-Unis, liés depuis 14 ans, a provoqué cette crise. L'abandon de cette parité aurait des conséquences catastrophiques: la bourse de Hong Kong deviendrait moins attractive, le commerce avec l'Asie deviendrait plus difficile. Les nouveaux dirigeants de Hong Kong voulaient éviter un tel scénario.

Pour défendre leur monnaie ils ont haussé les taux d'intérêt. Ainsi le marché monétaire a attiré les détenteurs de capitaux et la demande en dollars de Hong Kong a augmenté. Les capitaux ont donc délaissé les actions pour les obligations. Le danger d'une telle politique monétaire n'est pas mince. Quand l'argent est cher il devient moins intéressant pour les investisseurs et les particuliers d'emprunter. La chute des actions peut mener à des faillites retentissantes et à une récession.

Comme les banques japonaises ont beaucoup prêté aux entreprises de Hong Kong, le danger est réel que la crise ne s'étende à tout le système financier. C'est pourquoi les bourses asiatiques, celles d'Europe et d'Amérique ont chuté à la suite de celle de Hong Kong. Un krach boursier généralisé peut mener à une vague de faillites et à une récession mondiale généralisée.

La chute de Hong Kong et le danger d'une récession mondiale montrent que les "fondations" de l'économie mondiale ne sont pas aussi solides qu'on veut nous le faire croire. Les stratèges bourgeois nous vantent le faible taux d'inflation, la baisse des salaires réels et les taux de profits historiquement élevés. Ces trois paramètres illustrent dans quelle mesure la bourgeoisie à été capable de faire payer la crise aux travailleurs et à leurs familles.

Entre-temps il existe sur le plan mondial un chômage structurel, une contraction des marchés provoquée par la réduction réelle des salaires et une stagnation de la productivité (croissance moyenne de 1% depuis 1991). Cette faiblesse fondamentale de l'économie mondiale explique la volatilité des bourses. Tôt où tard le mythe d'un capitalisme mondial solide s'écroulera comme un château de cartes.

Éric Byl, 26/10/97



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