Etudiants en médecine

Corporatisme, austérité et numerus clausus

Sous la pression des syndicats corporatistes de médecins, le gouvernement fédéral a accepté d'instaurer un numerus clausus en médecine. C'est-à-dire que, désormais, seul un certain nombre d'étudiants pourront être diplômés d'une faculté de médecine chaque année. En Communauté française, cela se traduira par une sélection à l'issue de la troisième candidature. Ne seront donc autorisés à passer en licence qu'un nombre limité d'étudiants correspondant au quota annuel attribué à la faculté. Les autres, même s'ils ont réussi leurs candidatures auront perdu leur temps et n'auront plus qu'à se réorienter. Or, l'entrée en vigueur du numerus clausus cette année n'a eu aucun effet dissuasif sur le nombre d'inscriptions en première candidature...

Les corporations de médecins, sous prétexte qu'il y aurait trop de médecins, veulent limiter l'accès à la profession pour réduire la concurrence impitoyable entre les médecins. En fait, il n'y a pas trop de médecins. La vérité est que de moins en moins de gens peuvent se permettre d'aller chez le médecin à cause de l'extension de la pauvreté et de la limitation par les gouvernements successifs des remboursements des frais médicaux. Loin de s'opposer à ces mesures, les corporations de médecins les ont souvent approuvées.

Le système capitaliste apparaît ainsi dans toute son absurdité. Alors que la demande réelle en soins médicaux est loin d'être satisfaite, il pousse les médecins à se disputer la demande solvable qui se réduit comme une peau de chagrin au fur et à mesure qu'il précipite les gens dans la misère.

Thierry Pierret



Le Militant
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