Marchés financiers
Tempête sur les bourses asiatiques
Au cours de ces dernières années, les spéculateurs ont placé des milliards de dollars en bourse sous la forme d'actions. Le faible taux d'inflation mène à un faible rendement des obligations (emprunt d'État, bons de caisse) et rend les actions plus alléchantes. Il en résulte que les cours des actions en bourse montent de façon vertigineuse et n'a plus de rapport avec à la valeur réelle des entreprises.
C'est d'autant plus vrai pour l'Asie, le seul marché en croissance rapide: Chine, les anciens "tigres" (Hongkong, Corée et Singapour) et les "candidats-tigres" (Philippines, Malaisie, Indonésie et Thaïlande).
Cette zone asiatique était couplée à un dollar bon marché, ce qui favorisait les exportations de ces pays. Mais les côtés faibles de ce "miracle" sont toujours plus visibles:
* la croissance n'était pas une bénédiction du "marché libre" mais la conséquence d'une forte intervention de l'État. La poursuite de la croissance mène à une concurrence plus âpre avec les pays où les salaires sont encore plus bas (Indonésie, Vietnam). Mais la classe ouvrière demande aussi sa part de richesse, comme les grèves coréennes l'ont montré.
* la croissance de ces économies commence à s'enrayer au moment même où le dollar progresse.
L'ajustement des cours de la bourse s'est déjà manifestée dans les pays capitalistes traditionnels. La hausse du dollar y est pour une bonne part. Ce n'était pas un effondrement, car le climat général est encore excellent pour les capitalistes: l'inflation reste faible et les bénéfices des entreprises plantureux. Une récession peut naturellement changer ce climat et provoquer des mouvements boursiers plus spectaculaires.
Mais ce sont comme toujours les marchés à la croissance la plus audacieuse qui ont connu les corrections boursières les plus violentes. La Malaisie a par exemple connu un affaissement boursier de 67 milliards de dollar (+/- 4.000 milliards de FB) soit plus du double de la valeur du Produit intérieur brut (PIB).
Ce n'est pas sans intérêt car le PIB total y est plus élevé que celui du Canada. Il est difficile de prédire si ces troubles boursiers en annoncent d'autres. Mais la zone asiatique connaît par ailleurs des po ints faibles: ces pays ne disposent pratiquement pas de réserves financières, les troubles boursiers provoquent des scandales politiques.
Beaucoup de capitaux perdus sont fictifs. Dans une telle situation, les capitalistes essaient d'extraire plus de profits de la "sphère réelle": les travailleurs surexploités sont donc encore un peu plus pressés.
Après les grèves sud-coréennes et les troubles naissants en Indonésie, cela constitue un cocktail explosif!