Pour faire renaître la ville
Transports publics gratuits!
Christof Bruylandt
Depuis l'initiative du bourgmestre SP de Hasselt Steve Stevaert qui rencontre un franc succès, la revendication des transports gratuits sonne plus clair que jamais.
L'opportunité d'une telle mesure a récemment été confirmée par Jos Geuens (président de De Lijn, l'équivalent en Flandre de la STIB bruxelloise ou des TEC wallons) qui plaide pour l'extension d'une telle mesure à tous les bus et trams en Flandre. Le projet ne coûterait que 5 milliards aux pouvoirs publics, en plus des 10 milliards actuels. Selon Geuens, c'est tout à fait possible si chaque famille paie par an 2.000F d'impôts supplémentaires.
L'exemple de Hasselt montre que c'est un pas supplémentaire dans la direction d'une mobilité écologique et socialement équitable.
Écologique car le caractère gratuit constitue un incitant à utiliser moins souvent l'automobile qui pollue. Pensons un seul instant au bioxyde de soufre, au CO, à l'ozone, à la suie du diesel, au benzène et à leurs dégâts sur la santé (cancer, asthme,...), sur l'atmosphère (effet de serre), sur la nature (pluies acides), sur les bâtiments et monuments.
Social car les groupes à petits revenus ou les familles nombreuses acquièrent ainsi plus de mobilité.
La mobilité, c'est comme l'enseignement et les soins de santé. C'est un droit élémentaire pour chacun. Mais il y a plus. Il ressort de plusieurs études que les citadins considèrent les embouteillages comme un des facteurs qui rendent leur ville invivable. Les plus fortunés parmi les habitants des villes émigrent vers les communes vertes où le prix du terrain à bâtir s'envole. Ce sont donc les plus pauvres qui restent dans la puanteur des villes.
Et ceci ne va pas s'améliorer au cours des quinze prochaines années, quand le trafic automobile aura augmenté de 40% Afin de dissimuler cette injustice sociale certaines autorités communales développent de pseudo plan de mobilité.
A Gand, cela consiste par exemple à construire des parkings souterrains dans le centre historique de la ville. Les commerçants du centre de Gand veulent pouvoir rester accessibles à leur clientèle motorisées grâce à une voie rapide à l'intérieur de la ville.
Les rues piétonnières et des transports gratuits et rapides permettraient cependant d'atteindre le même résultat.
En outre, la facture du parking du Beffroi se monte à 250 millions, et cela pourrait grimper jusqu'à un million par place de parking. Le tout sera bien entendu à charge de tous les habitants, y compris ceux qui n'habitent pas le centre!
Selon les spécialistes, le plan de mobilité ne fait que déplacer le trafic actuel vers les quartiers proches des voies d'accès où la situation deviendra vite invivable. Dommage donc pour ceux qui ne peuvent se permettre un lopin de terre et une fermette dans la ceinture verte de la ville. Voyez donc la gestion sociale de la ville de la coalition SP/VLD/Volksunie!
Une alternative existe pourtant à court terme. Les touristes et les navetteurs pourraient garer leur voiture à l'entrée de la ville et de rejoindre le centre avec les transports en commun.
Il y aurait ainsi moins de trafic dans les quartiers d'habitation et moins d'embouteillages pour les bus et les trams.
Mais qui garera sa voiture à l'extérieur de la ville alors qu'il y a tant de parkings au centre et que les transports publics sont chers et par-dessus le marché bloqués dans les embouteillages? La seule manière conséquente de résoudre le problème est donc d'organiser des transports publics gratuits et de qualité.
De leur côté, Agalev et la Fédération des usagers des trains, des trams et des bus mettent plutôt l'accent sur la fréquence et sur la qualité des prestations. D'après eux, c'est la mauvaise qualité des transports plutôt que leur prix élevé qui incite les gens à préférer l'utilisation de leur auto. Agalev et la Fédération des usagers ne sont donc pas pour donner un caractère prioritaire à la revendication des transports gratuits.
Les prix et la qualité sont liés. La gratuité des transports attirera beaucoup plus d'usagers et mettra inévitablement à l'ordre du jour la question de la fréquence. Mieke Vogels (Échevine Agalev à Anvers) est pour la "realpolitik". Elle estime que l'expérience de Hasselt n'est pas possible à Anvers car ce serait "trop cher". Lors de son congrès de 1985, son parti était pourtant favorable aux transports publics gratuits.
La charge de la dette de la ville d'Anvers pèse 7 milliards par an. Mieke Vogels - comme Léona Detiège la, bourgmestre SP d'Anvers - trouve cela sans doute plus réaliste? Entre-temps Anvers s'englue chaque jour un peu plus dans le trafic.
Il faut profiter que le débat est encore tout chaud pour accentuer la pression. Il se peut qu'à court terme, des actions soient menées. Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à prendre contact avec le Comité pour les Transports publics gratuits (Militant, BP2, 9000 Gand 21, tél et fax: 09/232.13.94).