OTAN

Cap vers l'Est

Au début juillet, l'OTAN a décidé d'intégrer en son sein trois pays de l'ancien bloc de l'Est: la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie. L'adhésion de ces ex-états staliniens rencontre le souhait de l'OTAN de jouer un rôle de gendarme à l'Est dans le cadre de la nouvelle situation mondiale.

Depuis l'intervention des troupes de l'OTAN en ex-Yougoslavie, le complexe militaro-industriel a retrouvé une nouvelle raison d'être. Le "grand bond en arrière" économique et social de l'ancien bloc de l'Est est tel que des explosions sociales, sur des clivages ethniques ou de classes, sont inévitables. Les récents événements qui ont secoué l'Albanie en témoignent.

La formation et l'entraînement des armées de l'ancien Pacte de Varsovie par des officiers de l'OTAN est un premier pas. Le lobby industriel se frotte les mains car il y aura du matériel militaire à vendre.

En tant qu'anciens satellites de l'URSS, ces trois pays veulent ainsi, via ce rapprochement militaire, accrocher leur wagon à l'Europe occidentale pendant que la Russie voudrait maintenir l'illusion qu'elle est encore une grande puissance.

De son côté, l'OTAN a effectué une série de pas en direction de l'Est depuis le début des années 90: échange d'informations, manoeuvres militaires en commun...

Alors que certains commentateurs bourgeois tablent sur une "défense intégrée européenne", il faut bien constater que les intérêts des différents bourgeoises vont dans un autre sens: l'Allemagne tente de cimenter ses relations avec les états baltes, la France et l'Italie louchent en direction de la Roumanie.

En fin de compte, ce sont les États-Unis qui tirent leur épingle du jeu: seules les candidatures des états proposés par l'administration Clinton ont été acceptées. Ce qui montre bien que l'OTAN reste un instrument malléable aux mains de l'impérialisme américain.

 

Peter Delsing

Le Militant
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