Pays Basque

Herri Batasuna met en jeu sa crédibilité

Le 10 juillet dernier, l'organisation séparatiste basque ETA enlevait le conseiller communal conservateur Blanco et adressait un ultimatum aux autorités. Si dans les 48 heures, les 500 prisonniers politiques membres de l'ETA n'étaient pas transférés dans des prisons du Pays Basque, Blanco serait exécuté. La mise à exécution cet ultimatum a provoqué dans la population espagnole en général - et basque en part iculier - un large mouvement de protestation contre l'ETA et sa branche politique Herri Batasuna.

A Vittoria (200.000 habitants), une manifestation contre l'ETA a rassemblé 50.000 participants. Le 14 juillet, un arrêt de travail de 10 minutes s'est déroulé à travers toute l'Espagne. Il a duré une demi-heure au Pays Basque.

Herri Batasuna est une coalition de gauche d'organisations séparatistes crée à la fin des années 70 et qui se profile comme un parti révolutionnaire de gauche luttant pour une république socialiste basque. Elle jouit du soutien de larges couches de la classe ouvrière et surtout de la jeunesse, dans le désert industrielle qu'est le Pays Basque. Cette coalition connaît cependant depuis 1989 un recul constant. Aux élections de 1996, Herri Batasuna obtenait 181.000 voix (11,5%) dans les quatre provinces où elle se présentait, contre 17% en 1986. Selon les derniers sondages, elle perdrait encore un quart de son soutien.

Le discrédit jeté sur Herri Batasuna et l'ETA résulte de leurs bévues. Leur perspective consiste depuis trente ans à vouloir désarticuler l'Etat espagnol par des attentats contre des représentants individuels de la bourgeoisie.

Notre organisation internationale est opposée au terrorisme individuel. On ne peut remplacer les solutions politiques par des solutions chimiques: seule l'action de la classe ouvrière peut renverser le capitalisme, et non les balles et les explosifs de terroristes isolés. La dernière action de l'ETA est un très mauvais service rendu à la cause du peuple basque.

La droite espagnole manoeuvre pour tenter de capitaliser la vague émotionnelle, exactement comme l'a fait le gouvernement belge lors de la Marche blanche. Le gouvernement n'a bien entendu rien à proposer pour résoudre les problèmes des minorités nationales qui luttent pour plus d'autonomie (Basques, Catalans, Galiciens,...), ni les problèmes économiques tels que le chômage massif.

La question nationale ne peut être résolue que dans le cadre du socialisme et de l'action autonome de la classe ouvrière. Il n'y a rien à attendre des méthodes aventuristes de l'ETA... et certainement rien non plus des anciens franquistes qui siègent aujourd'hui dans le gouvernement de Madrid.

Hidalgo Bartolome

Le Militant
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