Droit d'asile

La forteresse Europe a bouclé ses frontières

Tout le monde n'a pas le droit de pénétrer sur notre territoire. Un mur de formalités, de quotas et d'humiliations exclut les "damnés" de l'autre bout de la terre. Passeport, billet, preuves valables motivant le voyage ( invitation officielle, raison médicale ou études en Belgique), garantie bancaire exigée pour tous les frais de séjour, etc... Tout cela ne permet qu'à une certaine élite, avec argent et relations, d'obtenir le visa.

Pour les hommes d'affaires et les politiciens amis, on déroule le tapis rouge, quelle que soit la couleur de leur peau ou celle de leurs mains souillées par le sang. Quelques jours après la prise du pouvoir par Kabila, des dinosaures mobutistes comme Kengo Wa Dondo et Gérard Kamanda flânaient sur l'avenue Louise à Bruxelles. Séraphin Rwabukumba, un des génocidaires rwandais, vit en Belgique sans être inquiété(1).

D'un côté, les touristes, entrepreneurs, missionnaires, ou aventuriers occidentaux à l'étranger jouissent de toutes sortes de privilèges! Au besoin, des troupes d'intervention évacuent les "compatriotes menacés".

D'un autre côté, malheur à ceux qui fuient les guerres, les dictatures, la pauvreté ou le manque de perspectives dans le "Tiers"-Monde. Pour ceux-ci, on ferme les frontières occidentales.

L'Occident a longtemps cultivé l'illusion d'une société riche et industrialisée, bastion des libertés et des droits de l'homme. Mais qu'en est-il réellement?

Tandis que l'Accord de libre Echange Nord-Américain (NAFTA) stimule la circulation de capitaux et de marchandises, les lois d'immigration deviennent de plus en plus sévères aux Etats-Unis. En 1996 les Etats-Unis expulsaient 1,6 million de résidents mexicains sans papiers(1).

Les accords de Schengen renforcent les contrôles dans l'Union européenne. Les lois Debré ou Vande Lanotte limitent les droits de séjour et d'asile, et poussent des centaines de milliers d'étrangers dans la clandestinité.

Le gouvernement PS-PCF de Jospin en France a déjà reçu plus de 54.000 demandes de régularisation. Il s'agit d'une minorité parmi les sans-papiers qui, soit ont des enfants nés en France ou un partenaire en séjour régulier, soit poursuivent des études, soit suivent un traitement médical, soit sont "bien intégrés"(2).

Les autorités belges - le ministre social-démocrate Vande Lanotte en tête - ont décidé de rejeter en masse les demandes d'asile, d'arrêter l'aide sociale, d'enfermer et d'expulser systématiquement tous les illégaux.

Depuis le mois de juin, 600 familles congolaises sont convoquées par la Commission permanente de recours. Motif: le changement de gouvernement au Congo. 10 à 15 dossiers sont traités par jour, dont 98% de réponses négatives. 600 autres familles seront convoquées en septembre.

Contre l'arbitraire et l'inhumanité de la procédure d'asile, de la loi Vande Lanotte, des centres fermés, des expulsions et des cessations de l'aide sociale aux sans-papiers, toutes sortes d'actions ont été menées.

 

Voici les coordonnées d'une série d'organisations pour le droit des réfugiés. Les quatre premières sont des comités locaux, les trois dernières sont des organisations spécialisées: ARZAC (t él: 02/426.05.56, MWENDEKO (tél: 02/411.32.31), Truth (231 Van de Perrestraat, 2440 Geel), Frontières ouvertes (tél: 02/245.84.11), Point d'appui des Sans-Papiers (tél: 02/502.87.00),

Centre d'Initiation pour Réfugiés et Etrangers (tél: 02/644.17.17).

 

Le 7 septembre 1997, à 14h30, Bd. Jacqmain (gare du Nord) à Bruxelles, aura lieu une manifestation nationale avec pour slogan: "Stop à la chasse aux réfugiés!".

Le Militant
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