Un "citoyen" au-dessus de tout soupçon?

Qui est Tshisekedi?

Au Congo, le mobutisme est tombé, mais l'impérialisme dispose encore de cartes de rechange. La campagne de propagande des médias en faveur de Tshisekedi le démontre.

Etienne Tshisekedi a tiré profit des dernières années pour se tailler une réputation d'opposant à Mobutu alors qu'il a été un des architectes de la dictature mobutiste.

Après le premier coup d'État de Mobutu en 1960, il a été le premier à exiger des mesures sévères contre Patrice Lumumba. La liste des hautes fonctions qu'il a assumées est longue(1).

En 1978, les guerres du Shaba ayant révélé le délabrement du régime, les puissances occidentales ont donné à Tshisekedi le feu vert pour former une opposition légale (interpellations parlementaires, création de l'UDPS en 1982). Cela lui a valu d'être arrêté, puis banni.

En 1987, notre "héros" a demandé son intégration comme tendance au sein du MPR. En 1990, face au mécontentement populaire, Mobutu a proclamé la Troisième République, tout en gardant l'essentiel du pouvoir et en arrosant de subsides des dizaines de partis qui acceptaient la comédie parlementaire à Kinshasa. Dans ce cadre, Tshisekedi s'apprêtait à prendre la tête d'un gouvernement en 1992, mais comme il a fait mine de toucher aux prérogatives de Mobutu, il a été destitué. Les mobilisations (journées "villes mortes") qui ont alors paralysé Kinshasa pour faire pression ont donné à l'UDPS un prestige qui lui a amené de nouveaux adhérents.

Fin 1996, au lieu de soutenir l'Alliance, Tshisekedi a appelé à "prier pour que le président Mobutu retrouve ses forces".

Aujourd'hui, malgré le soutien de l'impérialisme, Tshisekedi est en échec. La clique qui l'entoure ne recule devant aucun mensonge ni devant la démagogie raciste(2), mais les conditions de vie des Kinois se sont améliorées(3).La marginalisation de Tshisekedi signifie la faillite du projet impérialiste pour instaurer un mobutisme sans Mobutu.

Geert Seynaeve

 

-------------------------------

(1) A partir de 1964 à la Banque nationale, de 1965 à 1967 ministre de l'Intérieur, co-rédacteur de la constitution, membre du Bureau politique du parti unique (MPR) de 1970 à 1972, ministre de Justice et du Plan de 1968 à 1969, Commissaire du peuple pour le Kasaï Oriental (en 1970, 75 et 77), Vice-président de l'Assemblée (en 1970, 72 et 74).

(2) Notamment à l'encontre de tous ceux qui parlent le Kiswahili.

(3) On a mis fin à l'extorsion et à la corruption extrêmes. Les prix alimentaires ont baissé et les salaires sont payés.



Le Militant
Hosted by www.Geocities.ws

1