Travail étudiant

Grandes soldes d'été sur la main-d'oeuvre!

Chaque été, des centaines de milliers de jeunes (293.000 en 1996) travaillent dans le cadre d'un contrat étudiant pour gagner un peu d'argent. On ignore le nombre d'étudiants ayant travaillé en noir (sans contrat) , mais jusqu'en 1996 ils n'avaient aucun avantage pécuniaire à le faire car il n'existait pas de cotisations ONSS(1) sur le salaire étudiant. De plus, sans contrat, un étudiant reste à la merci de son employeur. Il y a par exemple en moyenne 2.500 accidents de travail par an chez les étudiants qui travaillent.

En 1995, 25.711 employeurs ont employé des étudiants (4.583 de plus qu'en 1993). Les patrons ont donc plus souvent recours au travail étudiant car il est bon marché,... et pas seulement pendant les mois d'été (travail le soir, le week-end, heures supplémentaires). Le phénomène s'accroît cependant en été. Les jeunes qui travaillent en intérims en attendant un job stable en savent quelque chose: ils peuvent toujours courir pour décrocher un contrat pendant l'été car les agences d'intérims ont employé l'an dernier 78.098 jeunes dans le cadre du travail étudiant.

Depuis le 1/1/97, les contrats étudiants sont désormais soumis à une "cotisation de solidarité" à l'ONSS (2,5% du salaire brut à charge du travailleur, 5% à charge de l'employeur). L'écart entre contrat étudiant et contrat de travail ordinaire reste donc considérable(2). Pour éviter la concurrence entre travailleurs, les contrats étudiants devraient être soumis aux mêmes taux ONSS que les contrats ordinaires, et les étudiants devraient jouir des mêmes droits que tout travailleur: pension, allocations familiales, chômage, pécule de vacances, assurance-maladie. Car les étudiants ne reçoivent aucune contre-parti e des 2,5% "de solidarité" retenus tandis que le budget du gouvernement fédéral récupère ainsi 750 millions!

En outre comme aucune sanction n'est prévue contre les employeurs qui font travailler des étudiants en noir, les conditions de travail des étudiants vont empirer.

Du contrat de travail à durée indéterminée, au contrat à durée déterminée, de celui-ci au travail intérim, de ce dernier au travail étudiant, puis du travail étudiant au travail au noir, la voie vers la dégradation générale des conditions de travail est donc toute tracée.

Non seulement le "mauvais" emploi chasse le bon, mais le "mauvais" emploi" est à son tour chassé par "un plus mauvais.

Les jeunes qui font ainsi connaissance avec le monde du travail ne peuvent qu'en garder une expérience amère.

 

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(1) Cotisations versées à la sécurité sociale.

(1) 13,07% de cotisations ONSS à charge du travailleur, de 32 à 40% à charge de l'employeur.



Le Militant
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