Après le rejet, en mai dernier, du protocole d'accord par les travailleurs des Forges de Clabecq(1), la Région Wallonne, le repreneur potentiel (Duferco), la curatelle, les dirigeants syndicaux nationaux, le bourgmestre de Tubize et les médias s'étaient exclamés que le personnel avait laissé passer sa dernière chance. On apprend à l'instant que les mêmes partenaires discutent un nouveau plan de reprise. Aucune information officielle n'a cependant été communiquée à la délégation syndicale.
Les rumeurs évoquent un plan pour 900 emplois, l'éviction de tous les délégués syndicaux, la flexibilité, la sous-traitance, des salaires revus à la baisse et... une paix sociale de cinq ans. Drôle de paix sociale qui commence par liquider la moitié du personnel!
Il serait temps que les journalistes ouvrent les yeux. Pendant des mois, ils n'ont cessé de seriner que les Forges étaient un outil dépassé. Et voilà qu'un requin capitaliste non seulement s'y intéresse, mais s'y accroche. Par philanthropie sans doute?
Le plus révoltant est que ce beau monde ne sera touché ni par les licenciements ni par les baisses de salaire. Pour les travailleurs, cela risque d'être une autre histoire. Raison de plus pour rester mobilisés autour de leur combat exemplaire.
Francine Dekoninck