Congo-Brazzaville
L'impérialisme français en Afrique court de crise en crise malgré le stationnement permanent de troupes françaises(1). Affaibli au Soudan et au Libéria, il s'est accroché vainement aux régimes de Habyarimana et de Mobutu et a dû mener trois interventions en un an pour sauver la présidence centrafricaine d'Ange-Félix Patassé.
La guerre de clans au Congo-Brazzaville, pays dominé par le géant pétrolier Elf(2), s'inscrit dans ce contexte. A l'époque du régime "marxiste-léniniste" autoproclamé de Denis Sassou-Nguesso(3), de 1979 à 1992, Elf avançait les déficits du trésor public et les salaires des fonctionnaires, en échange de droits pétroliers jusque l'an 2000.
En 1992, le président élu a conclu de semblables accords avec la compagnie américaine Occidental Petroleum, ce qui a donné lieu à de fortes tensions. Par la suite, Agip, Shell, OXY, Chevron et Exxon ont conclu des concessions d'exploration.
Alors que des élections étaient prévues le 27 juillet de cette année, de cette année, des milices privés (les "cobras" de Sassou-Nguesso et les "zoulous" du président élu Lissouba) s'affrontent depuis le 5 mai dans la capitale. Après l'évacuation de 6.000 Occidentaux par des légionnaires et paras français, Paris s'efforce d'éviter une intervention militaire directe.
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(1) Nombres de militaires français stationnés en Afrique: 2.050 en République Centrafricaine: 2.050, 3.299 à Djibouti, 1.311 au Sénégal, 847 au Tchad, 536 en Côte-d'Ivoire, 602 au Gabon, le 62 au Cameroun .
(2) Avec 201.000 barils par jour, le Congo-Brazzaville est le quatrième producteur pétrolier africain, après le Nigéria, l'Angola et le Gabon. Elf contrôle les 3/4 de la production pétrolière du Congo-Brazza.
(3) Beau-frère du dictateur gabonais Omar Bongo.
(*) Pour de plus amples informations sur le Congo-Brazzaville, voir Le Congo, formation sociale et mode de développement économique, H. Bertrand, Ed. Maspero, Paris, 1975, 318 p.