Les libéraux flamands (VLD) vont bientôt choisir leur nouveau président. En lice, les candidats suivants:
* Herman de Croo, comte de Michelbeke et de Brakel, idéologue éclairé du "libéralisme social", professeur en clientélisme appliquée et en services rendus, grand ami du Peuple. Il ressemble parfois à un clown, mais au sein des libéraux flamands c'est lui qui entretient les meilleurs contacts avec les structures locales du parti.
Le CVP le trouve suffisamment flexible, opportuniste et creux pour mener un prochain gouvernement avec lui. Mais cela fait déjà deux ans que De Croo promet à ses troupes, assoiffées par 10 ans de traversée du désert, que l'oasis gouvernementale où ils pourront se requinquer est en vue.
* Guy Verhofstadt le superman néolibéral, grand admirateur de Margaret Thatcher. Il a déjà sévi sous les gouvernements Martens-Gol des années 80. Il a été le promoteur du renouvellement du libéralisme en Flandre, mais beaucoup de ses détracteurs prétendent que le renouveau s'est limité à changer l'étiquette PVV en VLD. Ses coups de gueule contre les syndicats ont convaincu la bourgeoisie qu'il valai t mieux momentanément mettre hors circuit ce dangereux provocateur et faire appel à la social-démocratie pour calmer les travailleurs.
Après la défaite du VLD aux récentes élections législatives, Verhofstadt s'est retiré de la vie politique pour méditer dans sa villa de Toscane. Après avoir observé que sous d'autres cieux le discours du "libéralisme social" pouvait être payant sur le plan électoral (Clinton, Chirac), Verhofstadt a jeté sa panoplie de "baby Thatcher" aux orties pour désormais singer ses nouvelles idoles. Comme le beaujolais, le Verhofstadt "nouveau" est donc arrivé. Il jouit du soutien de Marc Verwilghen, le "chevalier blanc" de la commission Dutroux.
* Rik Daems, un opportuniste sans programme, bourgmestre d'Aarschot, capable d'allonger plusieurs millions pour sa propre campagne électorale.
Quelle que soit l'issue de cette lutte interne, le nouveau président aura tout le loisir de méditer la débâcle électorale des conservateurs en Grande-Bretagne et la probable déconfiture de la droite en France.
Jan Dumolyn