Renault - Vilvorde

Le sommet syndical bloque la lutte

En février dernier, lors de l'annonce brutale de la fermeture de l'usine de Vilvorde, le principal souci des directions des syndicats de la métallurgie a été d'orienter la lutte des ouvriers de Renault vers des actions spectaculaires en France, de façon a éviter une grève générale du secteur automobile en Belgique. Un échange de correspondance entre Herwig Jorissen (CMB: Centrale des Métallurgistes de la FGTB) et Michel Nollet montre qu'une cellule de crise entre des responsables du SP (Van den Bossche, Van de Lanotte, Van Miert) et de la FGTB (Mia De Vits, Jorissen) a été créée pour cadenasser la lutte. Le même scénario a sans doute eu lieu entre l'ACV et le CVP, d'autant plus que Jean-Luc Dehaene est domicilié à Vilvorde.

La manifestation pour l'Emploi du dimanche 16 mars a été organisée pour faire baisser la pression d'en bas tout en évitant une extension de la grève. Directions de la FGTB et de la CSC sont mortes de peur devant la perspective d'un mouvement vers la grève générale, d'autant plus que les conventions collectives sont dans l'impasse dans plusieurs grandes usines.

Les secrétaires syndicaux Gacoms (FGTB) et Jacqmyns (ACV) ont alors fait voter la reprise du travail après avoir focalisé la lutte vers une action en justice portant sur le caractère "illégal " de la fermeture. "Légale" ou "illégale", une fermeture reste une fermeture!

Le 21 mai, la colère des travailleurs a éclaté: ils ont sorti sur la chaussée les voitures produites dans la matinée, et la grève a redémarré spontanément. Un certain nombre de travailleurs, déçus par le cassage de la lutte par les secrétaires syndicaux, préfère "voter avec leurs pieds" et ne se présentant tout simplement pas au travail. Le problème posé aujourd'hui est celui de la constitution d'un comité de grève pour organiser la lutte.

Lundi 26 mai, les secrétaires syndicaux organisent un référendum pour reprendre la situation en main : abandon de la lutte contre la fermeture, négociation d'un plan social et modalités d'action contrôlées par l'appareil syndical. Au moment de mettre sous presse, on attend les résultats.

Correspondant, 24 mai



Le Militant
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