Congrès du PS

Il faut un parti ouvrier indépendant!

Les journaux bourgeois boudent les résultats du congrès du Parti socialiste du 10 mai dernier. Le fait que Busquin n'ait pas réussi à mettre au pas les puissantes fédérations de Liège, de Charleroi et de Bruxelles les chiffonne.

Les nouveaux statuts stipulent que le président national est élu par tous les membres et par les mandatés au congrès. Ces apparatchiks regroupaient les voix des sections derrière leurs noms et font de ces voix.

Mais quand Busquin a voulu introduire la nouvelle procédure de vote au niveau des fédérations, il a été battu par 194 voix contre 187. Les fédérations détermineront donc elles-mêmes la manière d'élire leur président.

C'est suffisant pour que les éditorialistes de La Libre Belgique, de L'Écho, et du Standaard en concluent que le PS est incapable de "se moderniser et de se démocratiser" et n'est "plus digne de foi". Que faut-il en penser?

Dans le mouvement ouvrier, le droit de décision et l'application de ces décisions vont ensemble. D'ailleurs, seuls ceux qui participent activement aux réunions et aux actions votent. C'est en contradiction flagrante avec la démocratie bourgeoise où, selon le principe de la séparation des pouvoirs, c'est la couche la plus large - mais aussi la plus inerte et la moins consciente - qui décide, tandis que l'exécution des décisions faite par des représentants élus mais incontrôlables.

La bourgeoisie souhaiterait que le PS introduise ces principes en son sein, et la direction fait tout pour recueillir les éloges de la presse bourgeoise. Cette dernière est cependant furieuse car "les rebelles gauchistes" ont trop leur mot à dire dans les fédérations.

Tout ce vacarme détourne l'attention des mesures réellement prises. Ainsi les statuts accordent à la direction nationale le droit d'ingérence dans les fédérations et les sections. De plus, le financement du PS ne fera plus appel aux "cotisations des organisations qui poursuivent le même but que le PS", affaiblissant ainsi le poids des centrale syndicales et des mutuelles. Le financement du PS - comme celui des autres partis - reposera donc surtout sur le financement par les pouvoirs publics.

A peine trois jours après le même congrès, la presse annonce que le PS risque de perdre de 8 à 30 millions de subsides à cause, une fois de plus, d'une histoire de pots de vin. Voilà donc le PS obligé de manger de plus en plus dans la main de la bourgeoisie.

Il est plus que temps que les travailleurs jettent les bases d'un nouveau parti ouvrier indépendant, qui s'appuie sur les meilleures traditions de la démocratie ouvrière et qui se construise sur le plan financier et organisationnel de façon totalement indépendante de la bourgeoisie.

François Bliki

 

 



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