Récemment, de centaines de Kurdes ont occupé le quartier général de l’ONU à Genève pour protester contre l’invasion du nord de l’Irak par des dizaines de milliers de soldats turcs. Après la guerre du Golfe, l’ONU a créé une prétendue "zone de sécurité" afin de protéger les Kurdes d'Irak contre les représailles des troupes de Saddam Hussein. Il s'est ainsi formé un no man’s land à partir duquel le mouvement nationaliste kurde PKK a lancé des attaques contre l’armée turque. L'armée turque envahit aujourd'hui cette région pour liquider définitivement le PKK. L’Europe et les Etats-Unis prêchent aux quatre coins du monde "la démocratie", "les Droits de l’Homme" et "l’intégrité territoriale" restent étrangement muets.
Il ne faut pas oublier que la Turquie est leur allié militaire. Pour sauver la face, l'ONU a "ordonné" aux autorités turques de se retirer, mais celles-ci n'en n'ont cure. Le nord de l’Irak est donc "zone de sécurité" pour les Kurdes d'Irak -eux-mêmes divisés - et en même temps "zone de chasse aux Kurdes de Turquie" pour l'armée turque. Le Parti démocratique du Kurdistan (Kurdes d'Irak) de Massoud Barzani, est utilisé par la Turquie contre le PKK (Kurdes de Turquie)... Douze ans de conflits armés ont fait 22.000 victimes, en premier lieu des femmes et les enfants.
Le régime policier réactionnaire turc entretient des liens étroits avec l’Union européenne, mais le martyre du peuple kurde n'empêche pas de dormir les puissants de ce monde.
Jan Dumolyn