Législatives en France

Bonaparte dissout le Parlement

La manoeuvre politique de Jacques Chirac, qui a dissout l'Assemblée nationale pour avoir ensuite les mains libres pendant 5 ans pour mener la politique d'austérité dans le cadre de Maastricht, illustre bien le caractère antidémocratique de la Ve République française conférant une "légitimité républicaine" aux attaques portées contre les travailleurs.

Pour la bourgeoisie, ces élections sont déterminantes car après la grève générale de la fonction publique en décembre 1995 face au plan Juppé, il s'agit de mesurer le rapport de forces électoral entre les camps afin de déterminer l'intensité des attaques à mener contre les travailleurs. Dans cette mesure, et même si le véritable rapport de forces se jouera dans les luttes, une victoire électorale de la droite serait catastrophique pour tous les travailleurs.

Cependant, dans le camp de la gauche officielle PS, Parti communiste (PCF) et Mouvement des Citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chévénement, la situation n'est pas claire. Il suffit que Jospin déclare "OUI aux critères de convergence de Maastricht, mais NON à la rigueur budgétaire" pour PCF et MDC se rabibochent avec le PS et oublient la question de Maastricht.

Depuis le mouvement de décembre 1995, depuis la lutte des Sans Papiers, depuis la grève des routiers, les travailleurs et les exclus sont cependant prêts à se battre pour imposer leurs revendications. Pour battre la politique de la droite et barrer la route au Front national, nos camarades de la Gauche révolutionnaire défendent la nécessité d'un Plan d'urgence basé sur les revendications issues des luttes telles que: interdiction des licenciements, 32 heures tout de suite sans perte de salaire, retraite à 55 ans avec embauche compensatoire, transformation de tous les statuts précaires en vrais contrats, salaire minimum garanti à 8.500 francs français (51.000FB), 1.500 francs français d'augmentation pour tous (9.000FB), réquisition (sous le contrôle des travailleurs) des entreprises qui refusent d'appliquer ces mesures, droit à la santé, gratuité des études, création de postes dans les services publics, réquisition des logements vides, construction de logements sociaux, égalité des droits entre Français et Immigrés. Nos camarades soutiennent l'idée d'une coordination nationale pour un Plan d'urgence.

C'est ainsi que notamment à Rouen nos camarades soutiennent la liste La Voix des Travailleurs emmenée par Jean-Marc Wegner, cheminot. La Voix des travailleurs est un courant de plusieurs centaines de militants récemment expulsés, à Bordeaux et à Rouen, de Lutte ouvrière (l'organisation d'Arlette Laguillier). A Paris, dans le XVIIe arrondissement, la Gauche révolutionnaire dépose sa propre liste conduite par Omar Bouraba, technicien du bâtiment.

Guy Van Sinoy



Le Militant
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