Une victoire pour le peuple congolais!

La tyrannie mobutiste est vaincue

 

32 ans après avoir été porté au pouvoir par les puissances occidentales pour défendre leurs intérêts dans la région, le dictateur Mobutu vient de déguerpir comme un voleur. L'Alliance des Forces Démocratique pour la Libération du Congo (AFDL) dirigée par Laurent-Désiré Kabila a pu canaliser le torrent de colère des masses congolaises envers un régime haï. Démoralisée, l'armée mobutiste en débandade a laissé le mobutisme s'écrouler comme un château de cartes.

Par Éric Byl

 

Voilà qui met définitivement un terme aux rumeurs lancées par les puissances occidentales, les politiciens et les "experts" de tous poils à propos de Kabila et de l'AFDL.

Il y a sept mois, l'insurrection au Kivu était présentée comme une rébellion "ethnique" des Banyamulenge (Tutsis). On a ensuite prétendu que Kabila et l'AFDL n'étaient que des marionnettes de Paul Kagame, l'homme fort du Rwanda, et du président Ougandais Museveni.

Entre-temps la presse occidentale n'a négligé aucune occasion pour dépeindre Kabila et les "rebelles" sous un jour défavorable. Les adversaires de Kabila étaient cités à longueur de colonnes et les combattants de l'AFDL étaient présentés comme des tueurs en puissance.

Au premier rang des aboyeurs figuraient Emma Bonino, la commissaire européenne pour les Affaires humanitaires, et Reginald Moreels, secrétaire d'État pour l'Aide au développement, appuyé par Médecins sans Frontières dont il était il y a peu le président(1). Dénonçant les "nombreuses violations des Droits de l'Homme", ces brailleurs invoquent le sort des 250.000 réfugiés hutus originaires du Rwanda. Moreels oublie de préciser que le problème des réfugiés hutus a été provoqué par les puissances occidentales et en particulier par des membres de son propre parti, le CVP qui minimise encore aujourd'hui, en commission parlementaire, le massacre des Tutsis et des progressistes hutus au Rwanda.

Il n'est pas exclu que les réfugiés hutus soient brutalisés par les milices de droite interahamwe et des soldats de l'ancien régime rwandais dont ils restent les otages.

Aucune des accusations graves portées envers l'AFDL n'a pu être étayée. Le comportement sanguinaire des milices interahamwe, de l'ancienne armée rwandaise et de la soldatesque mobutiste n'est par contre nié par personne.

Moreels et consorts mènent un combat d'arrière-garde. Aujourd'hui Kabila et l'AFDL posent les actes politiques du nouveau Congo. Il jouissent d'un large prestige auprès de la population d'un pays qui s'appelait, il y a peu de temps encore, le Zaïre.

La victoire de l'Alliance signifie aussi un tournant tactique de l'impérialisme. Considéré longtemps par les puissances occidentales comme un rempart contre le "danger communiste", le mobutisme s'est écroulé car l'impérialisme ne voyait plus aucun intérêt à le soutenir. L'impérialisme n'en pas moins manoeuvré pour empêcher la victoire totale de Kabila.

Ce dernier a démontré une compréhension stratégique exceptionnelle.

Mais son plus grand atout a été l'enthousiasme extraordinaire avec lequel il a été accueilli par les masses congolaises qui ont enduré pendant des décennies la dictature mobutiste.

La chute de Mobutu provoquera un choc salutaire chez tous les peuples opprimés. Kabila et l'AFDL ont démontré par la pratique qu'un peuple enchaîné par une dictature soutenue par l'impérialisme peut se libérer de ses chaînes.

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(1) Dans une récente tribune libre publiée dans Le Soir, Pierre Galand, président du CNCD (Centre national de Coopération au Développement) dénonce le fait que Médecins sans Frontières (MSF) "vend du réfugié" afin de servir les intérêts des grandes puissances, et en particulier de la France. MSF-France a en effet un rôle déterminant dans MSF.



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