SNCB, La Poste, Sabena, Services communaux,...
Stop à la privatisation

Beaucoup de gens pensent que c'est un non sens de livrer les services publics aux appétits des firmes pri-vées. C'est pourtant ce non sens qui est d'application à tous les échelons: fédéral, provincial et communal. La vague de privatisations touche le chemin de fer, La Poste, Sabena et les services communaux. La distribution d'eau potable et d'électricité seront bientôt dans le collimateur.

par Karl Debbaut

Il y a quelques semaines nous avons eu droit à une petite démonstration du chaos que peuvent provoquer les privatisations. Aux États-Unis, la Californie a dû décréter l'état d'urgence afin d'éviter une catastrophe économique. Des centaines de milliers de californiens sont en effet sans électricité. Pour quelle raison? Parce les sociétés privées d'électricité n'ont pas investi pour moderniser leurs unités de production. La Silicon Valley, symbole mondial de la technolo-gie de pointe, était à l'arrêt. La privatisation de la distribution d'électricité il y a cinq ans a sonné le glas des investissements. On prévoit que les compagnies d'électricité ne pourront couvrir que 45% des besoins. Pour le privé seul compte le profit à court terme.

Le même principe a prévalu pour la privatisation des chemins de fer en Grande-Bretagne. Bon nombre d'accidents de train sont la conséquence directe des mesures d'économies imposées par les firmes privées. 5.000 emplois ont été supprimés dans les services de maintenance. Le système de sécurité (ATP) provoquant l'arrêt du train lorsque le conducteur a grillé un feu n'a pas été installé car trop cher. La sécurité est vraiment le dernier souci des managers. La catastrophe ferroviaire de Hatfield a provoqué le décès de 4 personnes, celle de Paddington a fait 31 morts. Voilà jusqu'où peuvent mener les privatisations.

SNCB: qui aura le privilège de privatiser?

A la SNCB les rivalités politiques pren-nent des proportions inouïes. La lutte entre Ecolo et le PS porte sur le pouvoir et l'influence au sein du Conseil d'administration. Le PS se profile prudemment contre une privatisation éventuelle. Ce n'est cependant qu'un rideau de fumée pour cacher son jeu d'influence. Ecolo et Agalev se sont prononcés contre la privatisation complète mais exigent que la gestion se fasse selon les règles du privé.

Verhofstadt propose de scinder la SNCB en trois «business units». L'objectif est d'établir une structure transparente afin de privatiser rapidement les unités qui dégagent du profit. Toute l'attention est tendue vers la structure de la SNCB, l'argent va vers les projets qui dégagent du profit. Le transport de voyageurs sur le réseau national est en mauvaise posture. Le TGV qui devait seule-ment coûter 90 milliards coûtera finalement 200 milliards. Pour comparer: le subside de l'état à la SNCB s'élève seulement à 326 milliards pour les 10 prochaines années.

La lutte politique au sein de la SNCB ne porte pas sur la privatisation mais sur la couleur politique de ceux qui mèneront la semi-privatisation ou la priva-tisation complète de la société.

La Poste

Officiellement il semble que le récent accord social permettra à La Poste d'être en mesure d'affronter la concurrence sur le plan européen. Cela coûtera 9.000 emplois. On a promis une prime de 35.000F en 2001 et en 2002 à chaque travailleur qui pourra rester. La paix sociale est ainsi achetée car cette prime n'est pas garantie en cas de conflit social. L'augmentation du traitement de début de carrière (+7% pour les 4 premières années) est le prix que la direction est prête à payer pour faire accepter des mesures structurelles importantes. Les travailleurs qui ont encore un service fixe et sont nommés vont devenir l'exception. L'extension de la flexibilité, le démantèlement du statut sont les buts recherchés par les managers.

La privatisation est un crime

La mise au rancart de services, les différentes formes de collaboration entre public et privé ne sont pas perceptibles par le grand public mais ont des effets réels pour les usagers et pour le personnel.

Le manque de moyens dans l'enseig-nement ne se manifeste pas seulement quand les ministres refusent de revaloriser le traitement des enseignants mais aussi par la suppression de services ou leur cession au privé. De moins en moins d'écoles ont une cantine scolaire prépa-rant les repas, l'école coûte de plus en plus cher.

Dans les communes, de plus en plus de services sont privatisés. A Ostende, le nouvel accord de gestion prévoit l'arrêt des embauches, le recours à des enveloppes financières pour le CPAS ainsi que pour les hôpitaux du CPAS et la privatisation de certains services. Par exemple l'entretien des espaces verts et l'office du tourisme. Cela entraînera la suppression de 250 emplois. A Gand seuls les bailleurs de fonds ont tiré profit de la privatisation des services de collecte et de traitement des déchets ménagers. Pour la population cela coûte plus cher, le personnel doit faire plus avec moins de moyens et les quartiers pauvres de la ville sont négligés. Par dessus le marché la commune veut infliger des amendes aux habitants qui ne nettoieraient pas leur trottoir.

Quelle alternative?

La privatisation des services publics s'inscrit dans le cadre d'une offensive néo-libérale à l'échelle européenne. Tous les acquis des travailleurs sont mis à mal. L'Union européenne est brandie comme une menace. Il n'y a pas d'autre idéologie que celle du marché libre. Les directions syndicales courent derrière cette fable. On exhorte la base au calme afin de soutenir des entreprises et des services publics de «développement durable». L'exemple de La Poste l'illustre bien. On crée l'illusion qu'une poste modernisée, après la suppression des nominations, sera en mesure d'affronter la concurrence. Cela ne marche pas comme ça.

Parce que sous la pression de la concurrence on ira toujours plus loin dans les mesures de restriction du statu des travailleurs. L'entreprise qui sera capable d'appliquer le bain de sang le plus généralisé parmi sera son personnel connaîtra un «développement durable».

Le «développement durable» en système capitaliste est une histoire à dormir debout. La lutte pour le maintien des services publics doit être couplée à la lutte pour une société socialiste. Les services publics doivent être au service de la population. Ils ne peuvent fonctionner en tant que tels que s'il existe un contrôle démocratique et effectif du personnel et des usagers. Étienne Schouppe et ses complices du conseil d'administration de la SNCB sont des vautours qui préparent le bradage complet du chemin de fer. Une lutte de l'ensemble de tous les travailleurs des services publics peut être un signal sérieux pour la lutte pour le maintien et l'élargissement des services publics.

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