"Humanisation" du droit d'asile?

Le gouvernement ne cesse de parler d'«humaniser» le droit d'asile. Il faut cependant constater que dans la pra-tique les autorités font tout pour repousser les demandeurs d'asile de façon scandaleuse. Deux exemples.

Le Sierra Leone est un pays d'Afrique occidentale qui connaît une situation de guerre et où des civils sont sans cesse agressés, dépouillés de tous leurs biens, violés, torturés, assassinés. Les exactions à l'égard des Sierra Léonais se déroulent aussi dans des pays voisins comme la Guinée. Les autorités belges ont annoncé qu'elles n'expulseraient plus vers le Sierra Leone les ressortissants de ce pays déboutés du droit d'asile. Dans la pratique cela se passe comme ceci. Une Sierra Léonaise voit sa demande d'asile refusée car elle n'a pas donné suffisamment de détails personnels. Elle se retrouve enfermée au centre de Vottem. Elle reçoit finalement un ordre de quitter le territoire dans les 4 semaines et est mise à la rue à Vottem, sans un franc, dans un pays où elle ne connaît personne. Que lui reste-t-il à faire? Passer dans la clandestinité ou accepter d'être expulsée vers un pays d'Afrique où elle risque sa vie? «Humanisation?» La Belgique est le seul pays à déporter les Sierra Léonais.

Le Kazakhstan n'est pas un pays en guerre. Depuis l'effondrement du bloc de l'Est ce pays connaît cependant une situation de corruption généralisée. Le clan du président Nazerbaïev est une maffia qui contrôle tout. Sa fille est à la tête d'un important groupe de presse. La police a le droit d'assister aux réunions de toutes les associations. Depuis l'indépendance de la république en 1991, le pouvoir pratique une politique de traitement préférentiel pour les Kazakhs de souche et les minorités nationales sont discriminées. Devant l'afflux croissant en Belgique de demandeurs d'asile originaires du Kazakhstan, les autorités belges ont envoyé sur place une chargée de mission qui a été reçue officiellement par les autorités kazakhes. Cette chargée de mission a établi un rapport selon lequel il n'y a pas d'oppression des minorités au Kazakhstan... et que dans ces conditions on ne voit pas ce que tous demandeurs d'asile viendraient faire chez nous. Ajoutons qu'elle avait emporté dans ses bagages la liste des demandeurs d'asile kazakhs sans doute pour la remettre aux autorités de ce pays. De leurs côté, les autorités belges s'apprêtent à expulser par charter plusieurs dizaines Kazakhs qui avaient introduit une demande d'asile. A votre avis quel sera leur sort une fois là-bas? 1

Hosted by www.Geocities.ws