|
A l'appel du
Mouvement pour le Renouveau Syndical
dans la FGTB et dans la CSC, avec le soutien de nombreuses associations
MARCHE contre les EXCLUSIONS
Samedi 3 février à 14h
|
par Guy Van Sinoy
Au lieu d'attirer l'attention de ses lecteurs sur la menace contre les libertés que représente ce procès, Syndicats - le bimensuel de la FGTB -a gardé le silence complet depuis des mois. Le 1er décembre, il titrait en première page: «Grâce à la FGTB, 1.300 travailleurs à nouveau occupés aux Forges; si on avait suivi D'Orazio qui refusait que les travailleurs se pro-noncent, Clabecq serait aujourd'hui un désert.» A l'intérieur du journal: un communiqué signé par 42 membres du Bureau fédéral («Clabecq: le PTB contre la FGTB») et un dossier central truffé d'inexactitudes et de mensonges.
Il faut rétablir la vérité. C'est pourquoi nous répondons point par point aux mensonges publiés dans Syndicats.
"Occupation violente organisée par le PTB?"
Faux! L'occupation a été décidée après une large discussion démocra-tique en assemblée générale. Parmi les participants: de nombreux militants et délégués (ainsi que quelques permanents) principalement de la FGTB (mais aussi de la CSC); des militants politiques (PTB, Militant, POS, Ecolo); des étudiants, des artistes et quelques militants du Collectif Sans Nom. A aucun moment il n'y a eu de violence. Dès l'intervention de la police, des responsables nationaux de l'appareil de la FGTB ont répandu le bruit que les occupants voulaient saboter l'ordinateur qui sert à payer les chômeurs.
Les avocats du PTB
Faux! Le collectif des avocats qui défend 6 des 13 prévenus n'est pas un collectif du PTB, même si certains avocats sont membres de ce parti. Il est normal que des militants syndicaux puissent choisir leurs avocats et la stratégie de défense. Dans ce procès, toutes les batailles importantes (bataille contre le huis clos, récusation des juges) ont été menées par le collectif des avocats, pas par ceux fournis par la FGTB.
Pire: dans le procès qui se déroule parallèlement au tribunal du travail, l'avocat de la FGTB plaide qu'il ne faut pas indemniser les délégués et les travailleurs protégés, licenciés illégalement! La Centrale des Métallurgistes FGTB a choisi le cabinet Lallemand-Legros (PS) pour défendre ses affiliés (Pourquoi pas Vande Lanotte tant qu'on y est?). Autant mettre directement sa tête sur le billot car certains ministres PS se sont constitués partie civile contre les 13 de Clabecq. Rappelons que Miguel Rubio, délégué FGTB/CMB arbitrairement licencié, a dû refuser l'avocat de sa centrale et prendre un avocat du SETCa pour être défendu correctement et finalement gagner son procès.
"Si on avait suivi D'Orazio, Clabecq serait aujourd'hui un désert économique?"
Faux! En écrivant cela, Nollet essaie de voler la victoire aux travailleurs de Cla-becq et à leurs délégués. Si Nollet pré-tend avoir sauvé Clabecq on se demande bien pourquoi il n'a pas sauvé Renault? Parce justement à Renault il n'y avait pas une délégation combative comme à Clabecq.
Il est faux de dire que la délégation s'est opposée à la reprise par Duferco. Le 5 juillet 1997, D'Orazio a fait voter par l'assemblée générale des travailleurs la reprise par Duferco. Il lançait aussi un appel à tous les militants syndicaux pour empêcher l'exclusion économique, sociale et syndicale car Duferco avait annoncé que les délégués ne seraient pas repris. La délégation n'a pas bloqué la reprise mais n'a pas non plus signé son propre arrêt de mort. A la demande du PS, Nollet était alors rentré de vacances pour cautionner un référendum par la poste (au-dessus de la tête de la délégation) qui excluait tous les délégués et militants de l'embauche. Qu'un patron comme Duferco essaie de ne pas avoir dans son usine de militants syndicaux combatifs a une certaine logi-que, même si nous la partageons pas. Mais que le président national d'un syn-dicat tire dans le dos de ses militants et délégués est inadmissible.
Le spectacle de Nollet buvant le champagne avec Duferco et Zenner le jour de la reprise était vraiment répu-gnant. Après qu'ils aient été exclus de la reprise, tous les militants syndicaux de Clabecq ont été exclus de fait des instances syndicales. On leur a dit qu'ils ne faisaient plus partie des instances car ils étaient devenus des chômeurs. L'ex-clusion du travail et des instances syn-dicales remonte donc bien au protocole signé par Nollet. Si D'Orazio, Marra et d'autres militants ont, plusieurs mois plus tard, été exclus de la FGTB par la CMB, c'est un autre problème. Nollet ne peut pas se cacher derrière l'argument selon lequel ce sont les centrales qui excluent et pas l'interprofessionnelle: l'exclusion du travail de tous les candidats aux élec-tions sociales c'est bien lui qui l'a signée.
Nollet se trompe-t-il de combat?
Le PTB pense que oui et il l'écrit dans Solidaire. Nous pensons que
non. Nollet sait très bien ce qu'il fait. Le tandem Michel Nollet/Mia De
Vits incarne l'emprise croissante non seulement du PS et du SP sur la
structure de la FGTB, mais surtout de la politique néolibérale menée par
ces partis. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que presque simulta-nément à
l'intervention de la police contre les occupants, le tandem Nollet-De Vits
fasse avaler par la FGTB un accord interprofessionnel favorable aux
patrons. L'enjeu de la véritable ba-taille à venir au sein de la FGTB
n'est donc pas une lutte de l'appareil contre le PTB, mais une lutte de
toute la gauche syndicale contre la politique néo-libérale afin de
maintenir une organisation syndicale indépendante du patronat et du
gouvernement.