TOUS ENSEMBLE!
Défendons les services publics

C'est la période des soldes. Le gouverne-ment brade la Sabena, La Poste et la SNCB. Le secteur privé jette un oeil intéressé vers les cantines scolaires et le service de nettoyage des écoles. A peine installés, les nouveaux collèges des échevins prennent le train en marche: à Ostende la majorité SP-CVP a préparé un plan de privatisation des services communaux qui entraînera 250 licenciements. Tout ce qui rapporte de l'argent va au privé.

par Karl Debbaut

A La Poste, 9.000 postes de travail vont être supprimés. «C'est le dernier plan d'austérité. Après cela on sera prêt pour affronter le marché européen» prétendent les managers. Depuis de nombreuses années, les travailleurs de La Poste sont soumis à ce chantage. De leur côté les managers des services publiques vendent les morceaux les plus rentables et bâtissent leur carrière personnelle sur ce bradage monstre. La Poste est déjà liée à 16 entreprises privées. A la SNCB on va encore plus loin. On investit 18 milliards et demi chez ABX, le service des colis. Le chiffre d'affaires atteint les 100 milliards, mais les usagers ne voient pas un franc de cela. Officiellement il n'y a pas de profit réalisé. Mais l'an dernier, on a détourné 8 milliards et demi du budget destiné au réseau intérieur pour financer le TGV. Le TGV est en première ligne pour être privatisé.

A la Sabena le bradage est organisé de longue date. Le 26 avril 2000 la convention accordant à Swissair 85% des actions a été signée. C'était le signal pour jeter l'argent par les fenêtres en renouvelant la flotte et se retrouver le 15 novem-bre avec des pertes de 15 milliards. Le 21 janvier un nouvel accord a été conclu par Rik Daems (VLD) en vue de céder au secteur privé les dépar-tements qui dégagent du bénéfice. Le personnel a été sommé d'accepter une compression de la masse salariale de 2,1 milliards et plus de productivité. Les syndicats ont eu 24 heures pour se déterminer.

Privatiser signifie un service public plus cher et de moins bonne qualité pour les usagers et de plus mauvaises conditions de travail pour le personnel des services publics. Les seuls qui peuvent tirer profit de la privatisation sont les actionnaires du privé qui feront main basse sur les meilleurs morceaux et les managers qui seront récompensés après avoir fait le sale boulot. Ainsi Étienne Schouppe, manager de la SNCB, perçoit plus de 14 millions par an. Ses collègues, membres du Conseil d'administration, reçoivent un demi million par an et diverses fonctions dans les filiales qui tournent autour de la SNCB.

Dès à présent les travailleurs des services publics commencent à passer à l'action: les fonctionnaires fédéraux, les agents communaux et provinciaux en Wallonie, les chauffeurs de bus flamands (De Lijn), les enseignants de Flandre. Il faut une lutte d'ensemble de tous les travailleurs des services publics pour stopper la privatisation.

Le 13 février la CGSP et la CCSP manifestent contre le plan Copernic qui prévoit le démantèlement du statut des agents des services publics. Le rassemblement a lieu à 10h30 à la Colonne du Congrès à Bruxelles. Pour de meilleures conditions de travail et de rémunération, contre le démantèlement.

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