La révolution cubaine à la croisée des chemins

Début décembre, Aktief Linkse Studenten a organisé une tournée de meetings sur Cuba dans plu-sieurs universités. A la VUB (Bru-xelles) et à la KUL (Louvain) Peter Taaffe, secrétaire général de la section britannique du CIO a présenté son livre Cuba: Socialism & Democracy. A Gand il a participé à un débat avec un journaliste et un représentant d'Oxfam.

Par Geert Cool.

Il est important de mener la dis-cussion sur l'alternative au capitalisme, surtout au moment où une partie de la jeunesse commence à s'interroger sur le bien fondé du système capitaliste.

La société cubaine dispose de beaucoup d'acquis. L'économie planifiée a des effets extrêmement positif sur le plan social. La médecine et l'enseignement ont connu un développement remarquable. Même en comparaison avec les États-Unis, Cuba ne se défend pas trop mal sur le plan social. La mortalité infantile est environ la moitié de celle de Washington DC. Fidel Castro a même proposé d'envoyer des médecins cubains dans les quartiers pauvres aux États-Unis.

Malgré ces quelques éléments positifs, Castro défend le socialisme en paroles, mais d'autre part fait des concessions à la dollarisation. Cela provoque des effets importants sur la société cubaine. Ainsi, des enseignants font le taxi pour gagner quelques dollars. Malgré l'effondrement du Bloc de l'Est, la société cubaine s'est maintenue. Cela a été possible grâce à l'économie planifiée et au développement de l'industrie touristique. Un retour «pacifique» au capitalisme est extrêmement improbable étant donné le rôle de l'ancienne classe dominante vivant à Miami et qui est toujours prête à rentrer dans l'île pour y réclamer ses privilèges. Il n'est pas exclu que l'introduction de mesures capitalistes soit accélérée. Ainsi les États-Unis sont en train de revoir leur position sur le blocus. Le quotidien bourgeois Washington Post a appelé à mettre fin à l'embargo. Bush lui-aussi est prêt à alléger le blocus et pourrait jouer un rôle analogue à Richard Nixon qui avait entamé des relations avec la Chine de Mao.

Mais l'introduction de mesures capitalistes ne peut être arrêtée. Cela dépendra de l'évolution de la crise économique en Amérique latine, où la polarisation entre riches et pauvres n'a jamais été aussi grande qu'au-jourd'hui. Cuba est aujourd'hui à la croisée des chemins. Soit le capitalisme sera réintroduit, comme au Nicaragua, soit sera instauré un système de démocratie ouvrière. La démocratie ouvrière est la seule voie en avant; elle peut être aidée par les mouvements révolutionnaires d'Amérique latine.

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