Horaires flexibles dans les garderies
Les gosses feront-ils bientôt les pauses?
"Le secteur des crèches ne peut suivre sans motif le développement du marché de travail - où les travailleurs doivent être de plus en plus flexibles - et en supporter sans limites les conséquences. Il doit plutôt s'engager à freiner la dérive hostile à la famille". On est tout étonné cela de la bouche d'Annemie Drieskens, présidente du Bond van Grote en Jonge Gezinnen (BGJG, le pendant en Flandre de la Ligue des Familles) car elle met le doigt sur la plaie. Elle ne souhaite d'ailleurs pas de garderies qui ouvrent plus tôt et ferment plus tard.
Le marché de travail a fort changé. De plus en plus de femmes travaillent à l'extérieur, de moins en moins de grands-parents gardent les gosses. Des familles d'accueil ferment les portes car les conditions de travail garantissent trop peu la sécurité. La BGJG demande donc: plus de place d'accueil des enfants mieux réparties selon les besoins locaux, plus de concertation au sein du secteur de l'accueil, plus d'accueil pour les enfants malades, défavorisés, d'origine immigrée ou handicapés et l'attribution d'un label de qualité aux écoles qui organisent une garderie à un prix abordable y compris pour les enfants qui ne fréquentent pas cette école.
La flexibilité croissante du marché du travail nous place en effet devant le choix suivant: soit adapter l'accueil des enfants, soit organiser la lutte contre la flexibilité: le marché de travail est de plus en plus d'exigent, le stress augmente. La flexibilité est un bel emballage pour dire que le travailleur ou la travailleuse doit être disponible pour l'employeur. Céder à la pression en rendant plus flexible l'accueil d'enfants ne ferait que renforcer cette tendance. Et le gouvernement joue un vilain rôle en subsidiant de telles initiatives. Certains entreprises vont dans ce sens mais il est clair que les crèches d'entreprise mènent à encore plus de dépendance à l'égard de l'employeur.
Ainsi à la crèche "De kleine prins" à Gand répond aux besoins de beaucoup de parents qui travaillent jusqu'à 23 heures dans un restaurant, un magasin ou une école de soir. Freya Van Den Bossche, échevine (SP) de l'enseignement et responsable de l'accueil de l'enfance, soutient cette initiative. "Les parents n'ont pas le choix, d'ailleurs c'est la qualité de l'accueil qui est le plus important, et ici tout est parfaitement en ordre. Un gouvernement qui s'inscrit dans la flexibilité doit aussi subvenir à la possibilité des parents de placer leurs enfants, c'est la réalité."
Famille nucléaire et capitalisme
Si cela dépendait du gouvernement, donc aussi du SP, la femme resterait tout simplement à la maison où elle s'occuperait des enfants et éventuellement aussi des grands-parents. Ou bien elle travaillerait à temps partiel, avec un contrat à temps déterminée, mal rémunéré alors que chez elle l'attendraient une foule de travaux ménagers. Au moment où de plus en plus de femmes travaillent à l'extérieur et ont un oeil critique sur la conception traditionnelle de leur rôle dans la société, le gouvernement lance une nouvelle journée d'étude sur la combinaison idéale travail/famille où la famille nucléaire est présentée comme la meilleure façon d'organiser la société: la cellule familiale est une pièce de la structure sociale du capitalisme, basé sur la dépendance économique de la femme - qui s'occupe du ménage - et l'homme - comme soutien de famille. Le travail à temps partiel est présenté comme la réconciliation entre le travail et la famille, et cela surtout dans les secteurs où travaillent surtout des femmes. Le patronat prend cette initiative parce qu'elle leur procure des avantages: la productivité et la flexibilité peuvent croître, les coûts salariaux baissent. Les employés à temps partiels posent moins de revendications et s'organisent plus difficilement, ils ne sont pas repris dans les statistiques du chômage ce qui permet de déguiser les chiffres. Dans le capitalisme la femme est une réserve souple de main-d'oeuvre, poussée sur le marché du travail dans les périodes de croissance économique et renvoyée au foyer quand on n'en plus besoin.
Beaucoup d'acquis sociaux sont aujourd'hui remis en cause (crèches, soins aux personnes âgées, construction de logements sociaux,...). ce qui alourdit considérablement les charges financières complètement de beaucoup de familles de travailleurs. Les femmes sont directement touchées par ces mesures d'austérité dans les services sociaux, mais de plus le pouvoir utilise les femmes comme instrument pour imposer ces économies. De plus en plus les femmes font des travaux qui dans le passé étaient accomplis par les services publics et des allocations sociales.
Il n'y a aucune raison pour justifier qu'elles s'occupent de ces tâches, sauf le soif de profit des patrons et la rage d'austérité du gouvernement. Des blanchisseries publiques, des restaurants, des crèches... sont parfaitement possibles. Un million de chômeurs alors que des services ne sont pas assurés, c'est inacceptable.
Dans une société socialiste ces tâches seront socialisées. Notre tâche est de lutter contre le fait que les femmes soient traitées des travailleurs de second rang. Il est possible de progresser sur ce terrain en menant des campagnes d'explications, adressées aux travailleuses comme aux travailleurs. La lutte sera longue car de même que le capitalisme ne peut exister sans racisme, il ne peut exister sans oppression de la femme et sans sexisme.