Le sommet informel de Gand a donné le ton d’une présidence “ambitieuse” où Guy Verhofstadt et Louis Michel essayent de se faire passer pour des dirigeants mondiaux. Cette mégalomanie s’est heurtée à la réunion en aparté des Français, des Allemands et des Britanniques.
par Geert Cool
Ce sont eux qui ont déterminé l’agen-da du sommet: soutenir la guerre, accélérer les privatisations, garantir la compé-titivité des grandes entreprises,...
Verhofstadt a suivi cette logique. Sa “mondialisation éthique” avec laquelle il voulait charmer le mouvement contre la mondialisation n’existe que pour la pub. Entretemps, on applique le véritable ordre du jour. C’est justement ce que conteste le mouvement contre la mondialisation. Passons en revue l’ordre du jour du sommet de Laeken.
Guerre
Bien que beaucoup de gouvernements européens soient composés de sociaux-démocrates et/ou de Verts, qui ont des liens avec les mouvements de paix, l’UE a exprimé à Gand son soutien total aux “actions contre le terrorisme sous toutes ses formes tel que défini par les Nations-Unies “. Elle a confirmé sa “solidarité totale avec les Etats-Unis”. Le sommet de Laeken ne manquera pas de la réaffirmer.
Privatisations
L’UE veut casser les services publics. Le gouvernement belge propose comme priorité de sa présidence: “La continuation de la libéralisation des secteurs comme le gaz, l’électricité, la poste et le transport, puisque la compétition fait baisser les prix, stimule l’innovation et crée des emplois.” Ce que la libéralisation des services publics signifie réellement est pourtant clair: la Grande-Bretagne a connu de nombreux accidents de train depuis la libéralisation, car le profit passe désormais avant la sécurité.
Compétitivité
La présidence belge plaide pour “l’amélioration du climat d’entreprise”, e.a. par la diminution des taxes pour les entreprises et par le maintien de la “modération salariale”. Autrement dit: augmenter les profits aux dépens des travailleurs. L’ UE veut stimuler les fusions. Au sommet sur le transport à Louvain, on a prôné une collaboration plus intense entre les sociétés aériennes “pour que le secteur puisse renforcer sa compétitivité sur le plan mondial”.
Sécurité Sociale
Dans sa déclaration de principes, le gouvernement belge veut “moderniser la protection sociale”. Dans ce contexte “Moderniser” signifie “démanteler”. Ainsi les allocations de chômage doivent être limitées à une année pour soi-disant améliorer “la lutte contre le chômage” où même “l’augmentation de la qualité de vie”. S’imagine-t-on qu’un chômeur suspendu va considérer son transfert au CPAS comme une amélioration de sa “qualité de vie”?
Forteresse
Concernant la politique d’asile, la présidence belge se prononce pour la nécessité “d’un espace commun de liberté, de sécurité et de justice”. Qui pourrait s’y opposer? Mais qu’est-ce que cela signifie réellement? La lutte contre l’immigration illégale devient prioritaire par le “renforcement du contrôle des frontières extérieures de Schengen”.
Armée
La construction d’une armée européenne dotée d’un puissant armement y est décrite en langage codé par “identité européenne de défense”. Dans la déclaration de Laeken, on veut concrétiser ce projet. Dans cette optique, les états membres devront allouer plus de moyens à l’armement et à la défense.
Enseignement
Le sommet de Laeken ne s’attardera pas sur l’enseignement; on laisse ce dossier au sommet des ministres de l’enseignement. La présidence belge ne donne que l’orientation générale. Le débat porte essentiellement sur le rôle plus important que l’enseignement devrait jouer dans le “débat sur l’emploi”. C’est est aussi l’objectif de la Déclaration de Bologne: adapter l’enseignement aux besoins des grosses entreprises et “fournir” au plus vite de la main d’oeuvre à l’industrie.
L’Union européenne ne défend pas nos intérêts. C’est un instrument pour augmenter les profits des banques et des multinationales. La présidence belge ne rompt pas avec cette politique de l’UE. Au contraire, avec le soutien des Verts et des sociaux-démocrates, Verhofstadt milite pour la libéralisation accélérée, les économies, le démantèlement de la sécu,... Assez de raisons donc pour participer aux manifestations en décembre contre le sommet de l’UE à Laeken!