Comité pour une Internationale ouvrière
Notre lutte est internationale!

Par Tinette Schnatterer (Sozialistische Alternative, Allemagne) et Thom Nilson (Rättvisepartiet Socialisterna, Suède)


Le Comité pour une Internationale ouvrière (CIO) est actif dans 35 pays répartis sur les 5 continents. Nous voulons contribuer à la construction d’un mouvement regroupant les travailleurs et les jeunes, pour la lutte contre la guerre, la pauvreté, les discriminations et toutes les formes d’exploitation afin d’instaurer une société socialiste.

Le CIO a une très grande expérience dans la conduite des luttes ouvrières et des jeunes. En 1980, notre section en Angleterre avait obtenu la majorité aux élections communales à Liverpool. Cette victoire et les mouvements de protesta-tion ouvrière - organisés par nos cama-rades - qui s’en sont suivis ont permis des succès substantiels. Bien entendu, cela ne pouvait pas tenir longtemps vu la pression énorme de la classe domi-nante dans un environnement capitaliste; cela nous donne cependant un exemple pratique de ce qui est possible dans une autre société. En 1990, les membres de notre organisation soeur en Angleterre ont dirigé un mouvement de protestation contre la Poll Tax. Nous sommes sortis victorieux de cette lutte, l’un des effets significatifs étant la chute de Thatcher.

En Irlande, notre camarade Joe Higgins a été élu au parlement national après une campagne axée contre la taxe sur l’eau en 1997; il est devenu un exemple dans la lutte contre la corruption et son comportement est salué par tous les travailleurs.

Il en va de même de nos camarades élus en Suède, en Grande-Bretagne et en Hollande. Nous avons en outre parti-cipé à de nombreuses luttes des travail-leurs partout dans le monde, notamment le mouvement contre Haider en Autriche en 2000, le mouvement des étudiants sud-africains, la lutte contre la dictature militaire au Nigéria pour ne citer que ceux-ci. Pourquoi voulons-nous construire un mouvement international?

Durant ces deux dernières années, on a assisté à la montée d’un mouvement anti-capitaliste, avec des manifestations de protestation partout dans le monde. Ouvriers, jeunes, sans-emplois et tous les laissés-pour-compte sont sortis dans la rue a Gênes, à Göteborg, à Seattle, à Melbourne et dans bien d’autres villes. Un des points forts de ce mouvement est son caractère international. Les masses se sont unies contre les privatisations, le démantèlement des services sociaux, les mauvaises conditions de travail, le travail précaire, mais aussi contre l’exploitation du Tiers-Monde et, plus récemment, contre le terrorisme et contre la guerre en Afghanistan.

Par exemple, à Seattle en 1999, les jeunes venus d’Europe, les ouvriers américains et les pauvres venus du sous-continent indien ont manifesté côte à côte contre le sommet de l’Organisation mondiale du Commerce.

Les attaques contre notre vie quoti-dienne sont menées au niveau international. Pour préserver leurs intérêts, les capitalistes et les grands patrons coopèrent internationalement, ils utilisent leurs institutions comme l’Union européenne (UE), Le Fonds Monétaire Inter-national (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour mener leur offensive néolibérale.

Face aux protestations ouvrières, les patrons invoquent la concurrence internationale et agitent l’arme de la délocali-sation pour faire peur aux travailleurs. Le mouvement anti-capitaliste peut être une étape dans la mise en oeuvre d’une stra-tégie de lutte entre les ouvriers de tous les pays dans des combats qui transcen-dent les frontières étatiques. Ni l’étudiant allemand ni le chômeur italien ne profitent des coupes sociales. L’unité nationale est un mythe utilisé pour diviser les opprimés du monde. Il y a plus de choses en commun entre des travailleurs de pays différents qu’entre un patron et travailleur d’un même pays.

Nous utilisons nos contacts internatio-naux pour recueillir et transmettre des informations concernant les mouvements et les luttes ignorés sciemment par les médias bourgeois et nous menons des campagnes pour les soutenir. Comme plusieurs organisations sont interdites dans leur pays, nous organisons une campagne internationale contre divers cas de répression. En 1999, un de nos camarades au Kazakhstan a été libéré de prison suite à notre campagne.

Le programme socialiste

Aujourd’hui, les moyens de production sont entre les mains d’une infime minorité de patrons qui nous payent pour augmen-ter leurs profits. Ce ne sont pas les besoins de l’homme et de notre environ-nement qui déterminent la production, mais bien le profit que celle-ci va générer pour cette caste minoritaire. Ces capitalistes ne tiennent pas compte des souf-frances de la population laborieuse, ils ne tiennent pas compte non plus des éventuels effets nocifs de la production pour l’environnement ou la population.

De nos jours, les ressources existent pour couvrir les besoins fondamentaux de toute la population mondiale. Selon le rapport de l’organisation des Nations-Unies pour le développement, 40 milliards de dollars auraient largement suffi en 1997 pour donner à tout un chacun une éducation, des soins de santé et une alimentation décente; cela représente moins de 4% des richesses des 225 personnes les plus riches du monde. La faim, la pauvreté, le chômage, les atta-ques contre les biens et services de pre-mière nécessité, les discriminations ne connaissent pas de frontières. La lutte des travailleurs, des jeunes et des sans-emplois doit être une lutte internationale pour un autre type de société. Tant que nous laisserons l’économie aux mains des patrons, leur soif de profits empê-chera de résoudre les grands problèmes de l’humanité. Seule une économie plani-fiée sous le contrôle démocratique des travailleurs et de la jeunesse peut mettre fin au gaspillage des ressources, à la pauvreté et à l’oppression qui font aussi le lit du nationalisme et du terrorisme.

Construire le CIO

C’est pour détruire ce système inique que les ouvriers et les jeunes se sont organisés dans différentes internatio-nales afin de lutter dans une perspective internationaliste. Ces internationales ont joué un rôle vital pour la construction du mouvement ouvrier dans divers pays. Pour continuer nos tâches, il nous faut à présent une grande internationale des travailleurs avec un programme marxiste clair et précis pour les luttes à venir. C’est vraiment une tâche urgente aujourd’hui.

Le Comité pour une Internationale ouvrière a été créé en 1974. Le CIO se réclame de la tradition héritée de Marx, Engels, Lénine et Trotsky et croit que seule une révolution socialiste peut en finir avec l’abjection capitaliste. Trotsky a expliqué dans sa lutte contre la bureaucratie stalinienne pourquoi le socialisme dans un pays isolé est voué à l’échec. Le socialisme a besoin de démocratie comme l’homme a besoin d’oxygène. C’est pour cette raison que l’Union Soviétique et les autres états staliniens qui existaient avant 1989 n’avaient rien de commun avec les idées Trotskystes sur le socialisme.

Un programme socialiste est nécessaire pour lutter avec succès, car il fait le lien entre les luttes concrètes actuelles et les objectifs de la société socialiste. Il n’y a pas de place pour un capitalisme rénové qui pourrait soi-disant résoudre les problè-mes actuels. Bien que nous so-yons d’accord pour lutter contre la détérioration des acquis so-ciaux, nous devons savoir que le capitalisme reprend toujours d’une main ce qu’il a donné de l’autre, surtout quand le rapport de force bascule en sa faveur. C’est pour ça que nous propo-sons un programme socialiste au mouvement anti-capitaliste. En même temps, nous travail-lons concrètement à augmenter le nombre de nos adhérents. Nous avons fondé une organi-sation anti-capitaliste des jeunes (Résistance internationale) dans tous les pays d’Europe. Cette organisation sera présente en décembre à Bruxelles.

Résistance internationale a récemment franchi une nouvelle étape en rencontrant un groupe sud-africain à l’initiative du CIO. Notre organisation soeur en Suède, le Parti pour la Justice Sociale, a joué un rôle important dans la mobilisation pour Göteborg et contre la campagne de désinformation des médias qui qualifiaient les manifestants de terroristes. A Melbourne (Austra-lie), nos camarades ont remporté un succès en obligeant les organisations syndicales à participer à la grande manifestation au lieu d’organiser une manifestation syndicale séparée.

Nous mobilisons en ce moment pour la manifestation et la confé-rence internationale à Bruxelles en Suède, en Allemagne, en France, en Australie, en Hollande, en Irlande, au Pays de Galles, en Russie, en Grèce et en Bel-gique. Nous avions déjà mené des campagnes similaires pour les Marches européennes ou contre la racisme; nous avons mis sur pied une organisation des jeunes contre le racisme en Europe au début des années 90 qui a mobilisé en 1992 quelque 40.000 jeunes dans une manifestation antifasciste à Bruxelles.

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