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La lubie boursière concernant les actions des entreprises de télécommunication est passée. Les capitalistes ont sans doute déjà leur explication: une estimation erronée des plans d’investissement (coût trop élevé pour les licences UMTS - une technologie pour Internet pour GSM -), la récession mondiale.
Les capitalistes restent cependant dans la vague quand il s’agit d’évoquer les perte d’emploi dans le secteur des télécommunications. A ce jour Belgacom est encore une entreprise publique. En tant qu’actionnaire majoritaire les pouvoirs publics devraient donc avoir une explication claire sur la perte d’emplois.
Les licenciements ne cadrent évidemment pas avec la notion "d’état social actif". Ce n’est donc qu’après les premières fuites dans la presse, en février 2001, que le gouvernement et la direction de Belgacom ont planché sur un projet de compromis pour amortir du mieux la perte d’emplois.
Un programme de formation devait permettre au personnel de s’adapter aux nouvelles technologies (par exemple le commerce électronique, l’organisation du travail via Internet,...). Ensuite, une grande partie du personnel aurait été encouragée à travailler à temps partiel. Enfin les travailleurs souhaitant s’orienter vers une autre entreprise auraient été accompagnés par un plan de recherche d’emploi (outplacement).
Si ces trois mesures ne marchaient pas, donc si le nombre d’employés ne diminuait pas de 4.200 unités, Belgacom allait prévoir d’autres mesures favorisant les départs "naturels". Le gouvernement pouvait vivre avec ce compromis: le concept d’état social actif restait entier, en tous cas dans les apparences.
Mais ce projet de compromis a été mis à mal par la réalité économique. Les cours en bourse des actions du secteur des télécommunications se sont effon-drés (63% de leur valeur ont été perdus sur un plan mondial). La logique capita-liste exige alors de couper dans les coûts pour rétablir les profits. Les coûts salariaux font partie des coûts les plus importants. L’incitation au départ naturel prévue dans le projet de compromis devient alors la règle générale.
Les licenciements sont donc à nou-veau à l’ordre du jour chez Belgacom. Le 24 octobre, les négociations ont commencé entre direction et syndicats. Début 2002 la proposition sera présen-tée aux travailleurs. La diminution du nombre de travailleurs se passera en trois phases. La première commencera en février 2002, la deuxième en juin et la troisième en décembre.
Ce nouvel épisode du feuilleton de la perte d’emplois (commencé en 1998 avec 6.100 postes de travail perdus) chez Belgacom ne sera sans doute pas le dernier. On spécule déjà sur une nouvelle vague de licenciements par la suite. Les fusions en vue dans le secteur des télécommunications n’annoncent rien de bon. Ce n’est qu’en changeant radicalement d’option politique que l’on mettra fin à ce chemin de croix vers le chômage.
Correspondant