| Moyen-Orient et sous-continent indien: |
La guerre a des conséquences importantes pour le Moyen-Orient et le sous-continent indien. Le 8 octobre la police de l'Autorité palestinienne de Gaza a affronté des milliers de jeunes qui protestaient contre la guerre en criant: "Mort aux USA!, Vive Ben Laden!".
La condamnation hypocrite par Ben Laden des dirigeants corrompus du Golfe et du monde arabe à trouvé un écho au sein des masses palestiniennes qui comparent avec leur Autorité qui est également corrompue. De plus, Arafat veut rectifier "l'erreur" commise lors de la Guerre du Golfe (quand il avait pris le parti de Saddam Hussein). Pourtant les masses palestiniennes considèrent les États-Unis comme responsables des effroyables conditions dans lesquelles le peuple palestinien doit survivre.
En échange l'impérialisme à Arafat une nouvelle initiative du "processus de paix". Bush serait prêt à envisager la création d'un état Palestinien. Pendant la guerre du Golfe, son père avait déjà fait la même promesse afin de gagner la sympathie de l'opinion publique arabe. Ce "processus de paix" n'a accouché que d'un état croupion encerclé par l'armée israélienne.
Si les affrontements (15 morts) entre les autorités palestiniennes et les jeunes n'ont pas dégénéré en véritable guerre civile, c'est dû en partie au fait que le Hamas ne le souhaite pas. Hamas ne dispose pas de suffisamment de soutien parmi les masses pour carrément écarter Arafat, et de plus, Hamas craint la riposte d'Israël. Mais les masses palestiniennes n'oublieront pas de si tôt la trahison commise par Arafat. Le soutien au Hamas grandit. Son idéologie extrêmement réactionnaire et ses méthodes terroristes font reculer encore plus toute solution au conflit.
Après le meurtre d'un ministre israélien d'extrême-droite, Sharon à posé un ultimatum à Arafat: trouver les auteurs de l'attentat sinon Israël ripostera. De leur côté, les États-Unis poussent Arafat à s'en prendre au Hamas en citant comme exemple le dictateur pakistanais Musharraf qui engage la lutte contre les fondamentalistes.
En fait les États-Unis surestiment Musharraf. Son soutien aux bombardements a provoqué la colère du peuple pakistanais et les fondamentalistes développent leur influence dans ce climat d'agitation. Il n'est pas exclu que Musharraf (arrivé au pouvoir par un coup d'état) soit à son tour renversé par un coup d'état dirigé par des officiers fondamentalistes.
Musharraf tente de prendre appui sur la majorité de la population (145 millions) dans sa confrontation avec les fondamentalistes. La base sociale de l'élite dominante se trouve au Pendjab, la région la plus habitée. Mais ce soutien n'est pas garanti. Il est possible que la province Nord-Ouest, à la frontière, et même le Balouchistan se déchirent pour créer une nouvelle région pachtoune indépendante. La majorité de la population afghane est pachtoune et constitue la base des Talibans.
Cette instabilité régionale peut basculer vers de nouvelles confrontations entre le Pakistan et l'Inde sur la question du Cachemire. Les deux pays possèdent des armes nucléaires. L'Inde menace de passer la ligne de démarcation au Cachemire pour y affronter les groupes armés islamistes soutenus par le Pakistan. Ces groupes ont provoqué plusieurs attentats à la bombe dans la partie du Cachemire occupée par l'Inde.
En Arabie Saoudite l'élite dominante est aussi confrontée à des manifestations de protestation, à une instabilité croissante et peut-être à une menace de coup d'état. Le régime est impopulaire depuis longtemps car le fossé entre riches et pauvres est immense, la rente pétrolière baisse et le coût imposé par les États-Unis pour financer la guerre du Golfe est très lourd.
La guerre crée une situation nouvelle qui peut conduire aux bouleversements les plus importants dans cette région la plus instable du monde. A l'occasion de ces bouleversements les travailleurs, les paysans et la jeunesse chercheront une issue socialiste.