La guerre n'est pas la solution

L'hypocrisie du gouvernement a quelque chose d'écoeurant. Il se prétend "arc-en-ciel", mais a soutenu les États-Unis depuis le début des bombardements. Aujourd'hui des troupes terrestres sont engagées sur le terrain, mais le gouvernement arc-en-ciel maintient son soutien inconditionnel. Quelques voix discordantes se font entendre. Dirk Vander Maelen, président du groupe SP à la Chambre et Josy Dubié, sénateur Ecolo, ont plaidé pour une pause dans les bombardements. Agalev a envoyé ses parlementaires à la manifestation du 19 octobre à Gand. Les politiciens belges appellent à la "prudence". Nous n'avons cependant pas besoin de la "prudence", mais de mettre fin à la guerre!

Les médias ressortent les mêmes rengaines que lors de la guerre du Golfe ou du Kosovo et nous présentent les faits comme s'il ne s'agissait pas d'une guerre avec des enjeux économiques et politiques. Les États-Unis et leur alliés seraient uniquement là pour "libérer" la population de l'oppression. Ils promettent de stabiliser l'Afghanistan en portant au pouvoir un gouvernement provisoire composé de "Talibans modérés" (modérés à l'égard des États-Unis ou à l'égard des droits des femmes?), d'éléments de l'Alliance du nord (des seigneurs de la guerre soucieux de reconquérir leur "fief") et... un ex-roi d'Afghanistan tout droit sorti d'un placard. Plus que deux siècles après la révolution française, la bourgeoisie n'a rien à proposer à l'Afghanistan qu'une... monarchie dictatoriale!

La stabilité serait aussi "garantie" pas des investissements importants dans la région. Les puissances occidentales reconstruiront le pays. Nous connaissons cette chanson. La Bosnie ne devait-elle pas être "reconstruite" grâce à des investissements "massifs"? La pauvreté absolue a-t-elle disparu en Bosnie? Et le sous-emploi? Et la corruption? Est-ce différent au Kosovo?

Les expériences passées montrent que ce sont des promesses creuses. La guerre fournira une "solution" pour relancer les profits des marchands de canons et - si tout va bien - pour les profits du secteur pétrolier par la suite. Mais le scénario le plus probable est n'est pas que "tout ira bien", mais que les contradictions qui traversent cette région du monde vont la transformer en véritable baril de poudre.

La guerre n'est ni une solution pour la population d'Afghanistan, ni pour la lutte contre le terrorisme. Au contraire, cette guerre va provoquer de nouvelles formes de terrorisme. Les frappes "ciblées" et les bombes "intelligentes" ont déjà aplati un dépôt de la Croix Rouge.

La population afghane a droit à la démocratie, à la liberté et au bien-être. Ce sont des choses que ni les Talibans, ni la "communauté internationale" sous la forme de l'impérialisme ne peut leur offrir. Nous voulons la fin de cette guerre pour que les travailleurs et les autres couches opprimées d'Afghanistan puissent prendre leur sort entre leurs propres mains. En Serbie c'est la population qui a mis un terme au règne de Milosevic et pas les bombardements qui ont avant tout fait de nombreuses victimes parmi les civils. Nous voulons que le gouvernement belge condamne la guerre et que nous quittions l'OTAN et l'Union européenne si elle maintient son soutien à la guerre. Pas de bombes, pas d'exploitation, mais la lutte de masse pour un niveau de vie décent dans toute la région!

Anja Deschoemacker

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