Blair, Chirac, Schröder, Berlusconi, Aznar et les autres chefs d'Etat de l'Union européenne avait rendez-vous le vendredi 19 octobre avec Verhofstadt, à Gand, pour un sommet sur l'avenir de l'Union. Prévu de longue date, ce sommet des chefs d'état européens représentait aussi une étape importante dans la campagne de mobilisations croissantes vers le sommet du 14 décembre à Laeken.
Une large coordination d'organisations (019), parmi lesquelles Résistance Internationale et le LSP/MAS, s'est donc mise sur pied pour préparer la mobilisation. Une série d'activités diverses étaient planifiées par 019 tout au long de la journée. Résistance Internationale avait d'autre part lancé depuis longtemps d'idée d'une grève généralisée des lycéens en Flandre avec manifestation anticapitaliste le 19 au matin à Gand. Les jeunes du PTB et la JGS refusaient toutefois de s'associer à notre appel le jugeant "aventuriste". La journée du 19 devait culminer avec une manifestation unitaire dans la soirée. "Devait" car à l'approche du 19/10 les directions syndicales (Mia De Vits et Luc Cortebeek) ont annoncé qu'elles manifesteraient seules dans l'après-midi. Malgré toutes ces manoeuvres la journée a été un succès éclatant.
Le matin, à l'appel de Résistance Internationale, des grèves ont eu lieu dans les écoles secondaires d'une bonne quinzaine de villes (Anvers, Alost, Geel, Turnhout, Courtrai, Audenaerde, Malines, Louvain, Diest, Dixmude, Eeklo,...) Pas à Gand toutefois car les directions des écoles avaient organisé un lock-out! En fin de matinée, 2.500 lycéens venus de toutes les villes se sont retrouvés à Dampoort (Gand) pour un meeting suivi d'une manifestation anticapitaliste. A Anvers, sentant que l'intérêt croissant des lycéens pour passer à l'action, le PTB a fait un brusque tournant et - à travers D14 - a tenté de prendre le train en marche en appelant à son tour à la grève et en tentant d'empêcher Résistance Internationale de diffuser son propre matériel.
En début d'après-midi, la manif lycéenne a presque rejoint la manif syndicale au Zuid. "Presque" car au moment de la jonction des deux cortèges les dirigeants syndicaux ont appelé la police à la rescousse pour s'interposer et bloquer la manif des jeunes. Le cortège syndical n'a finalement regroupé qu'un bon 5.000 manifestants, soit bien moins que ce qui était prévu. Il faut dire que dans les bus venus d'autres villes beaucoup de militants syndicaux ignoraient tout de la manifestation unitaire du soir et se retrouvaient coincés car le retour des bus était prévu pour 17h30 au plus tard, soit une bonne heure avant la manif unitaire du soir! Seules quelques régionales FGTB (Pays de Waas, Gand) ont participé à la manifestation
Malgré cela, vers 19 heures, ce sont plus de 15.000 manifestants combatifs, bruyants et colorés qui se sont retrouvés pour la manif unitaire du soir. Il y avait de nombreux slogans contre la guerre et contre la politique de l'Union européenne. C'est à la fois un succès de foule impressionnant et une leçon que les militants syndicaux devront discuter. Le succès est d'autant plus grand que le tout s'est déroulé sans incident important dans une ville quadrillée de long et en large par la police et dans une atmosphère d'intimidation menée par les autorités communales (invitation à fermer tous les commerces, rumeurs alarmistes lancées auprès de la population). Ce succès est décidément de bonne augure pour le sommet de Laeken.
Guy Van Sinoy
