Au moment où nous bouclons ce journal, la machine militaire de Bush est prête à frapper. Des raids aériens contre l’Afghanistan semblent très probables. Une grande partie de la population pense qu’il faut agir contre les attentats. Elle reste cependant réservée à l’égard d’une action de type militaire.
Par Els Deschoemacker
Ni les bombardements ni l’envoi de troupes en Afghanistan ne peuvent empêcher les attentats. C’est en premier lieu la population pauvre de ce pays qui en paierait le prix. De plus, un assaut militaire provoquera encore plus de misère et d’instabilité incitant à multiplier les attentats de par le monde.
George W. Bush proclame: «Qui n’est pas avec nous est contre nous!» En même temps, des millions de personnes condamnent le terrorisme sans pour autant soutenir les intérêts guerriers de Bush et de son entourage. Louis Michel a d’ailleurs fort bien compris la nuance. Cela explique aussi la réserve et les conseils de prudence de plusieurs dirigeants européens à l’adresse de Bush. Cela ne les empêche toutefois pas de soutenir la coalition contre le «terrorisme».
Le problème de ces chefs d’états est que le système qu’ils représentent provoque une accumulation de misère, notamment au Moyen-Orient. Les groupes islamistes font appel au sentiment anti-impérialiste et surtout anti-américain. L’embargo contre l’Irak provoque chaque jour la mort de 6.000 enfants. Autant que dans les deux tours du WTC! Tant que ce terrorisme d’état contre la population irakienne ou palestinienne durera, il alimentera la volonté de vengeance et suscitera de nouveaux attentats. La bourgeoisie israélienne en fait d’ailleurs l’expérience chaque jour.
Nous condamnons le terrorisme car c’est un excellent prétexte pour renforcer la répression et il range la majorité de la population derrière les dirigeants réactionnaires. En même temps nous appelons à protester massivement contre les actions militaires qu’entreprendront les Etats-Unis.
On ne peut cependant s’arrêter là. On ne mettra pas fin à la violence, aux attentats et aux guerres sans abattre le capitalisme qui génère une telle barbarie. Il faut pour cela construire une force politique capable d’accomplir cette tâche en partant de la réalité concrète, en élaborant un contre-pouvoir contre les mesures d’austérité qui seront appliquées dans le cadre de la crise économique qui se prépare.
Notre société pourrait produire suffisamment de richesses pour satisfaire tout le monde. Mais le système capitaliste ne produit que s’il peut vendre. Une majeure partie de l’humanité est ainsi exclue de la satisfaction de ses besoins élémentaires: nourriture, logement, soins de santé, éducation.
C’est pourquoi la lutte contre la guerre et en même temps une lutte contre le capitalisme qui réduit la majorité de l’humanité à la misère. Une lutte pour un monde socialiste où les choix fondamentaux (production, répartition, logement, santé, éducation, transport, énergie, environnement,...) seront démocratiquement faits par les masses et pour les masses.