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Ils sont seuls à décider et ils décident de tout. De ce qu’il faut produire. Comment et où. Qui embaucher et qui licencier. Des vérités bonnes à dire et surtout de celles à cacher. Des montants des salaires, des pensions, des remboursements des mutuelles. Mais d’abord et surtout des gouvernements pour pouvoir, comme dit plus haut, décider de tout. En d’autres mots, ils globalisent. Savaient-ils qu’ils n’étaient pas les seuls humains au monde ? Allez savoir. Mais depuis le siège de la Muette contre l’AMI et depuis Seattle, on sait qu’ils savent. Ils ont appris, s’ils ne le savaient, que d’autres hommes marchent sur leur planète.
Que d’autres hommes marchent sur la terre, soit. Qu’ils marchent en cortèges, de plus en plus grands, où eux les globalisateurs, se rencontrent pour signifier, eux qui ne décident de rien, ce qu’ils pensent de leur globalisation et ce qu’ils veulent à la place ça les a soufflés. Le pire c’est que ces marcheurs sont partout. Ils les encerclent. Dès qu’ils se retrouvent, tranquilles, pour décider de ce qu’il convient, ils apparaissent. Un cauchemar. D’abord les globalisateurs ont pensé qu’il suffisait de ne pas les entendre, que se boucher les oreilles suffirait. Cela suffit effectivement pour ne pas les entendre, pas pour ne pas les voir. Les cacher ? Impossible! Les disperser? Leur faire peur?
Une autre histoire
Ici et ainsi commence une autre histoire. Celle d’une lutte entre les globalisateurs, encore appelés mondialisateurs, contre le reste du monde. D’un côté, la police, les indics, les services secrets, les infiltrés, les déguisés à leurs ordres. De l’autre la masse des contestataires. Trotskistes, PC-istes, anarchistes, pacifistes, tiers-mondistes, et on en passe beaucoup, de tous les pays unissez-vous a été la devise. Prague, Nice, Göteborg, Naples, Barcelone, Gênes pour ne citer que l’ancien continent, chaque sommet marque une progression de la mobilisation et une impasse de plus en plus flagrante pour ceux qui se croient propriétaire du monde. Corollairement le pouvoir engage de plus en plus de moyens dans la répression et les contestataires s’organisent de mieux en mieux.
Manifestations officielles aux quatre coins du pays
La présidence belge à l’UE, ponctuée de deux sommets et de quelques autres manifestations officielles aux quatre coins du pays est l’occasion d’une suite de rendez-vous: Bruges le 6 septembre sur la culture, Louvain le 11 septembre sur les transports et l’environnement, Ecofin à Liège le 21 septembre et enfin les deux sommets à Gand et à Bruxelles, successivement les 19 octobre et 14 décembre. Les terrains d’affrontement sont connus : revenu minimum, immigration, emploi, exclusions, réforme de la fiscalité, chaque thème relié aux autres. Cela fait qu’ils concernent tous les citoyens. Chacun comprend qu’étant donné l’obstination des mondialisateurs à régner coûte que coûte seule une riposte puissante unissant le maximum de forces pourra finalement faire basculer l’imposture libérale. Des milliers de manifestants sont donc attendus. Il faudra leur réserver des logements, organiser des repas, louer des salles de réunions, prévoir les traductions, coordonner les manifestations et les festivités. De cette nécessité qui fait loi est né Défis 2001 et son site D14, date de l’ouverture du deuxième et principal sommet, décembre le 14. Date aussi de la manifestation du mouvement spécialement venu à Bruxelles pour revendiquer l’autre Europe qu’on lui refuse.
Défis 2001 à Bruxelles
Ce formidable événement, avec ses enjeux essentiels, se prépare activement depuis quelques mois par un front qui cherche à s’élargir le plus possible sous un appel qui permet à chacun d’intervenir sous sa propre identité et avec ses objectifs propres. Le programme? Participation à la manifestation des syndicats le 13. Manifestation commune pour une autre Europe le 14. Grand concert le 15. Le tout entouré d’autres événements: meetings, théâtres…
Serge Cols
Adresse provisoire de Défis 2001: