Manifestons contre le sommet de Louvain

Les 14, 15 et 16 septembre les ministres européens de l’Environnement et du Transport se réunissent à Louvain pour discuter de leur politique commune. Ils veulent utiliser ce sommet comme vitrine pour redorer leur blason.

Après les manifestations contre la mondialisation à Göteborg et à Gênes une partie de la population voit plus clairement que les politiciens veulent avant tout garantir les profits des grandes entreprises. Et ce au détriment de l’enseignement, de la justice sociale, de la sécurité d’emploi, des conditions de travail et de l’environnement.

Avec le sommet de Louvain l’Union européenne veut donner l’impression qu’elle a parfois quelques bontés pour l’humanité. Il faut être naïf ou être un collaborateur payé par le gouvernement Verhofstadt pour tomber dans ce piège. L’Union européenne est un club élitaire, non démocratique, qui organise le démantèlement de nos services et de nos acquis sociaux. De préférence derrière notre dos et dans l’intimité feutrée du conseil des ministres où, neuf fois sur dix, les groupes des lobbyistes comme la Table ronde européenne des Industriels ont le dernier mot.

L’Union est le bras européen d’une politique néolibérale mondiale. Elle ne vaut pas mieux que le FMI ou la Banque mondiale, des institutions capitalistes internationales qui, par une politique de prêts et d’austérité, poussent les pays pauvres encore plus dans la misère.

Que signifie une politique européenne des transports publics?

Ils semble qu’à Louvain les ministres européens vont promouvoir le transport public au détriment de la circulation automobile responsable de la pollution et des embouteillages, ainsi que l’usage des "techno–logies propres" pour mieux protéger l’environnement. Ces nobles intentions ne sont que des voeux pieux au vu de la pratique quotidienne de l’Europe capitaliste.

En ce qui concerne le transport: il n’est que de voir les prix élevés du ticket de train, les menaces de privatisation qui pèsent sur la SNCB et les TEC et le bonus à la voiture que représente la construction vers 2002 de 12.000 kilomètres de nouvelles routes asphaltées à la demande des lobbys industriels comme Shell, Fiat et Renault. L’Union européenne a lancé le coup d’envoi de la privatisation des TEC. Cela devait normalement être discuté pendant la présidence belge mais, en raison d’amendements là dessus, la question a été provisoirement postposée. Il faut dire que certains politiciens, qui ont les prochaines élections en tête, sont un peu embêtés par les conditions de travail dans les sociétés de transport priva–tisées. 40% des lignes euro–péennes sont déjà privatisées et donc entre les mains de multinationales comme Vivendi.

Aujourd’hui on distribue des titres de transport gratuits pour le bus ou le tram, mais seulement à certaines caté–gories de personnes. Pourquoi ne pas accorder la gratuité à tous? En outre l’attribution de ces titres gratuits ne va pas de pair avec une augmentation des fréquences des bus ou des trams, ce qui fait qu’ils sont souvent surchargés et que le confort du voyage en souffre.

En matière d’environnement on nous fait payer pour le ramassage des sacs poubelles et on tente de nous faire payer la pollution industrielle. Sous le capitalisme le problème de la pollution et des déchets ne peut pas être résolu efficacement. Les gouvernements, comme celui de Bush qui a refusé de signer le protocole de Kyoto, ne sont pas disposés à léser leur propre industrie. Surtout pas en période de crise et de récession. Seul le contrôle de la production par la majorité de la population pourrait assurer un traitement responsable des problèmes de pollution et de déchets.

Personne n’a intérêt à la dégradation de l’environnement ni à la détérioration de la qualité de vie. Ceci présuppose une rupture avec le capitalisme et l’instauration d’une économie démocratiquement planifiée, gérée par des conseils com–posés de travailleurs et de membres de leurs familles, soit les producteurs et les con–sommateurs directs.

Actions en vue à Louvain!

A Louvain plusieurs organisations de gauche, dont le LSP/MAS (Militant) et Résistance interna–tionale, prévoient des actions pour protester contre cette Europe des banques et du capital. Nous nous sommes regroupés sous le label D14 et nous préparons une grève des lycéens et une mani–festation pour le vendredi 14 septembre.

Avec les jeunes de Résistance internationale nous voulons expliquer dans plusieurs écoles les effets de la politique de l’Union européenne sur l’avenir des jeunes. Nous voulons distribuer une lettre ouverte dans laquelle nous expliquons aux directeurs d’écoles et aux parents l’importance de cette grève des lycéens. En cas de répression nous grouperons les différentes plaintes, nous les publierons et nous organiserons des actions de solidarité au sein des écoles.

Les ministres verts comme Aelvoet (Agalev) et Durant (Ecolo) s’imaginaient sans doute qu’ils allaient marquer des point sur leur terrain de prédilection. Avec Résistance internationale, le LSP/MAS et D14 nous comptons bien ôter toute crédibilité à cette petite fête par une large mobilisation. Nous voulons ainsi jeter les bases d’une opposition de gauche à la politique de droite. Il semble que les gouvernement se rendent compte du danger d’un élargissement du mouvement vers des couches plus larges de la population d’autant plus que les licenciements massifs se succèdent à un rythme soutenu d’une entreprise à l’autre. L’Union européenne n’est pas chiche de ses moyens pour le fichage des opposants à sa politique asociale. Mais les tueurs du Brabant courent toujours et la justice n’est toujours pas capable de juger Dutroux après 5 ans d’enquête. Les anticapitalistes, quant à eux, pourront “bénéficier” de la procédure judiciaire accélérée mise au point par les politiciens, les juges et les patrons.

Seule la mobilisation massive des jeunes et des travailleurs pourra garantir le droit démocratique de manifester et jeter les bases d’un nouveau syndicalisme de combat et de partis ouvriers qui raccrocheront la lutte quotidienne sur les lieux de travail, dans les écoles et les quartiers à la lutte pour une autre société, pour une société socialiste.

Peter Delsing

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