| Berlusconi au pouvoir: |
Silvio Berlusconi, l'homme le plus riche d'Italie, sera le prochain premier ministre à Rome. Il possède Fininvest, le deuxième holding d'Italie, qui chapeaute quelque 500 sociétés dont Mediaset qui regroupe toutes les chaînes de télévision privée du pays. Il possède également la principale équipe de football italienne, l'AC Milan. Les origines de sa fortune sont plus que douteuses: il fait l'objet de 9 procès pour corruption, fraude fiscale, financement illicite de parti,...
Berlusconi a mis au point il y a à peine huit ans une formidable machine électorale, Forza Italia!, le cri des supporters de l'AC Milan! Ce n'est pas un parti; il n'y a pas eu de congrès de fondation, il n'y a pas de programme ni de statuts. La structure est calquée sur celle la régie publicitaire de Berlusconi, Publitalia. C'est la télévision à la botte de Berlusconi qui a lancé Forza Italia! Et c'est Fininvest qui en assure le financement.
Cette machine électorale l'a déjà porté brièvement au pouvoir en 1994. Il en avait été chassé par les travailleurs italiens et les affaires de corruption. Il revient aujourd'hui pour achever ce qu'il avait commencé il y a 7 ans: abattre par pans entiers la sécurité sociale, comprimer les salaires, détricoter les conditions de travail.
Pour gagner les élections, il a monopolisé la quasi-totalité de l'audience au détriment, non seulement de ses adversaires, mais aussi de ses alliés qui ont dû se résigner à jouer les seconds rôles. Il a promis tout et son contraire. Il a promis par exemple des baisses d'impôts colossales pour les plus riches et des grands chantiers publics sans préciser comment il va les financer. Il veut renforcer la lutte contre la criminalité et l'immigration clandestine tout en supprimant les délits pour lesquels il est poursuivi! Voilà le résultat de plusieurs années de lutte anti-corruption par les "petits juges".
Toute cette démagogie flamboyante ne sert qu'à masquer les attaques qu'il s'apprête à lancer contre les travailleurs. Berlusconi n'hésite pas à dire qu'il entend diriger le pays comme une entreprise et le gouvernement comme un conseil d'administration. Cela signifie qu'il ne va pas mettre de gants pour s'en prendre aux travailleurs. Les directions syndicales n'auront pas grand-chose à négocier. Cela pourrait ouvrir la voie à une riposte massive des travailleurs qui pourrait désarçonner "il cavaliere" plus vite que prévu.
Thierry Pierret