|
Union européenne: |
Paradis des multinationales
Cimetière des droits sociaux
IDT Europe, Philips, Marks & Spencer, DuPont, Danone,... des milliers d'emplois perdus.
Des entreprises américaines et européennes ont annoncé résemment des licenciements massifs suite au ralentissement de l'économie américaine. Des centaines de milliers de travailleurs perdent leur emploi. Pas de problème selon le chercheur américain William Bridges. Ces travailleurs retrouveront sûrement du travail s'ils consentent à "s'adapter". S'adapter signifie encore plus de flexibilité sur les plans des horaires, des connaissances, de l'expérience et aussi sur le plan de l'emploi.
Tous les acquis sont mis sur la sellette. Pour garantir les bénéfices, les travailleurs doivent renoncer à des droits pour lesquels on s'était durement battu jadis; des droits qui protégeaient la vie d'un salarié contre les aléas de l'économie de marché et des crises récurrentes.
Tant la gauche politique que le monde syndical semblent impuissants. Ils proposent bien des lois comme la loi Renault (voir en pages intérieures) - qui imposent des règles au patron sans empêcher la fermeture et les licenciements - mais ils ne luttent pas pour défendre ces droits.
Le bradage du secteur public n'est qu'un exemple de l'offensive contre les acquis de la classe ouvrière, où on voit le capital privé prendre les commandes. Le démantèlement de l'emploi et du statut du personnel du secteur public constitue une priorité afin d'y injecter du capital privé. Résultat: plus de 20.000 emplois sont déjà sur la sellette rien qu'en Belgique.
La remise en cause du droit aux allocations de maladie, d'invalidité, de chômage ou aux pensions est une autre conséquence de l'application d'une pensée néolibérale, où c'est de nouveau la même classe ouvrière qui fait les frais de la logique de profits.
Dans le cadre d'une politique active de l'emploi, la priorité de l'Europe est de "soulager" les entreprises par des allégements fiscaux et toutes sortes d'autres cadeaux sous forme de main-d'oeuvre à bon marché. Il suffit de penser aux emplois jeunes subsidiés et à l'objectif de ce gouvernement d'inciter les entreprises à engager des travailleurs âgés en échange d'une intervention de l'Etat.
Tout ça en "vertu" du libre marché où les gros spéculateurs vont et viennent aux dépens des emplois stables, de la santé et de la sécurité de la population.
Pour une lutte syndicale et politique contre l'Europe néo-libérale
Nous avons tout intérêt à faire front contre le projet européen néolibéral partout en Europe. Les réunions des ministres européens à Bruges, Liège, Gand et Bruxelles sont un moment idéal pour transformer en action le mécontentement présent chez beaucoup de travailleurs. La Confédération européenne des Syndicats (CES) a déjà annoncé des manifestations à Liège, Gand et Bruxelles. C'est positif pour autant que ces manifestations soient aussi utilisées pour renverser la vapeur au niveau national et européen en s'opposant à toutes les implications des mesures néolibérales.
Nous voyons se développer une conscience internationale, surtout parmi les jeunes, contre des institutions capitalistes telles que le FMI, la Banque mondiale, mais aussi l'Union européenne. Des manifestations de masse ont eu lieu à Seattle, Washington, Melbourne, Prague, Nice,... Mais ces jeunes vont avoir besoin de la force du mouvement ouvrier pour pouvoir mettre leurs idéaux en pratique: un monde bâti sur un modèle économique qui tienne compte des besoins de la population laborieuse partout dans le monde.
L'économie de marché ne peut satisfaire ces besoins. Le profit passe avant la sécurité, la santé, les conditions de travail. La récente crise agricole le démontre de la façon la plus aiguë.
Alors que le capitalisme dévoile de plus en plus ouvertement sa véritable nature, nous devons, de concert avec toute organisation sérieuse prête à lutter pour les intérêts de la classe ouvrière, sonner l'alarme à propos des conséquences du projet européen sur notre vie quotidienne. L'Europe sociale et l'Europe capitaliste sont incompatibles. Reconnaître ceci est une première étape dont découle la nécessité de s'organiser autour d'un programme socialiste combatif dans les quartiers, les entreprises et les écoles, aussi bien sur les plans syndical que politique.
Els Deschoemacker