L'instabilité économique source de menaces militaires
Ceux qui, il y a 10 ans, pensaient qu'avec la disparition de l'Union soviétique et des blocs ("Est" contre "Ouest") on aurait plus de paix et plus de prospérité, se sont bien trompés. En Russie les chaînes télévisés indépendantes du pouvoir sont achetées et mises au pas par le "nouveau capitaliste" Poutine. Le Moyen-Orient est une poudrière qui peut exploser à chaque instant. Bush junior, le nouveau président des États-Unis, a d'abord décidé de "donner une leçon" à l'Irak, qui a été bombardé unilatéralement par les USA et l'Angleterre sans approbation des autres pays capitalistes. Puis Bush a provoqué une résurgence des réflexes de la guerre froide lors de l'affaire de l'avion espion américain tombé en Chine. Finalement Bush a atteint le sommet en refusant de signer les accords de Kyoto sur le réchauffement de la planète. Motif du refus: les conséquences défavorables pour l'industrie américaine. Il ne prend même pas la peine de mettre un masque idéologique en prétendant que l'économie de marché profite à chacun. Il défend les intérêts américains, point à la ligne. Il montre ainsi qu'il l'est que le larbin des multinationales.
En Belgique, le rôle de l'armée provoque aussi des réactions. Le lundi de Pâques, près de 1.500 personnes ont manifestés à Kleine Brogel contre le stockage d'armes nucléaires. Parmi les occupants de la base militaire il y avait non seulement des écologistes et des pacifiste, la gauche radicale et des squatters. Il y avait aussi des représentants de partis traditionnels au pouvoir (SP, Agalev, VU-ID21) qui appliquent une politique asociale pendant la semaine et essayent de redorer leur blason pendant le week-end en manifestant. La presse bourgeoise a joué le jeu.
Bien que la Belgique ne soit menacée par aucun pays, les États-Unis veulent maintenir ces armes nucléaires dans notre pays jusqu'en 2018. Les bombes B61 stockées à Kleine Brogel ont chacune une capacité de destruction égale à 5 fois la bombe atomique d'Hiroshima. Ce sont des armes de destruction massive destinées à massacrer les populations civiles.
Les marxistes ne sont pas des pacifistes: les travailleurs et les jeunes sont obligés de lutter contre le capitalisme et contres ses conséquences sociales. L'écart entre pays riches et pays pauvres était de 11 à 1 en 1913, il est aujourd'hui de 74 à 1. En Afrique, la pauvreté à augmenté de 50% entre 1994 et 2000, entre-autres à cause de la politique du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. En Belgique, si les richesses étaient partagées sur une base égalitaire chacun disposerait de 198 millions.
L'histoire nous enseigne que la bourgeoisie défend ses intérêts matériels avec tout les moyens, y compris la terreur et la violence. Militant pense que le mouvement ouvrier a le droit de se défendre. Ce n'est que dans une société socialiste où il n'y aura plus de pénurie ni de crises, qui caractérisent le capitalisme et les sociétés divisées en classes, que les fondements pour une société pacifique existeront. Les partisans d'uns société socialiste condamnent la manière dont la bourgeoisie utilise les armes, souvent avec l'objectif de terroriser de larges couches de la population comme en Irak ou en Serbie.
L'effondrement du stalinisme a entraîné plus d'instabilité dans le monde
Bush senior, l'architecte de la guerre du Golfe en 1991, avait promis un "nouvel ordre mondial". Selon lui, la "chute du communisme" (c'est-à-dire l'effondrement de régimes bureaucratiques totalitaires qui s'appuyaient à une économie planifiée) et la domination mondial du marché diminuerait les guerres en durée et en nombre. De temps en temps on se limiterait à corriger l'un ou l'autre dictateur par des "frappes chirurgicales", mais pour le reste un espace de dialogue et de collaboration internationale s'ouvrait. Cependant les choses ont mal tourné pour les USA dès l'intervention militaire en Somalie: même sous le couverture des Nations-Unies, les États-Unis n'ont pas la capacité d'agir comme gendarme du monde. La crise du capitalisme crée en effet trop de conflits et la résistance des peuples est trop grande.
Militant a pronostiqué que le retour du capitalisme en Europe de l'Est provoquerait une situation ressemblant plus à celle de l'Amérique latine plutôt qu'à celle de l'Europe occidentale: des îlots de richesses au milieu d'un océan de misère. Les libertés démocratiques se heurteraient vite aux éléments dictatoriaux où même à des dictatures policières. Il suffit de regarder la Russie d'aujourd'hui: le PIB a baissé de 50%, l'espérance de vie est descendue à 58 ans et Poutine est en train de s'emparer de tout pouvoir.
Le capitalisme n'est plus capable de développer le monde: un secteur après l'autre est confronté à la surcapacité de production qui caractérise le capitalisme. Les restructurations et les licenciements en sont les conséquences. En Europe les travailleurs paient cher la capitulation de la social-démocratie et des directions syndicales devant le néolibéralisme: plus aucun emploi n'est garanti, bon nombre de travailleurs souffrent de stress, leurs enfants ont de moins en mois d'avenir. Le renforcement de l'exploitation a permis la croissance économique des années 90. La croissance allait de pair avec une monté de la pauvreté et de l'instabilité. Cette situation empirera lorsque les premiers chocs du ralentissement de l'activité économique au USA se feront sentir. Déjà en mars dernier la perte d'emplois a été la plus importante depuis novembre 1991.
La peur de l'instabilité pousse les États-Unis à augmenter les dépenses d'armement et a se disputer avec l'Europe pour installer un bouclier nucléaire. Les conflits commerciaux sur les bananes ou les hormones, la mise en place par les USA de blocs commerciaux et par l'Union européenne indiquent une compétition accrue sur un marché mondial qui se rétrécit. Dès que la récession se généralisera les tensions entre les blocs commerciaux augmenteront. Un repli vers des mesures protectionnistes sera inévitable.
Dans un tel contexte les États-Unis redoutent la multiplication de régimes dictatoriaux incontrôlables, de graves conflits nationaux comme au Moyen-Orient où dans les Balkans et la montés de mouvements de masse contre les multinationales. La mobilisation d'une partie de la jeunesse contre la mondialisation est le précurseur de mobilisations plus larges contre le capitalisme. Militant et le CIO interviendront dans ces mouvements avec un programme socialiste pour la recomposer le mouvement ouvrier sur des principes marxistes et de luttes.
Peter Delsing