20 mai: manifestons contre le démantèlement de la sécurité sociale
par Karl Debbaut, membre de la direction de Militant
Pour Louis Michel (PRL), une des locomotives de la coalition arc-en-ciel, la récréation est finie. Lors de plusieurs interviews il a fait comprendre que le gouvernement devait maintenant s'atteler aux choses sérieuses. Les dossiers tels que les drogues douces, l'homosexualité ou l'euthanasie ont permis aux verts de marquer leur présence au gouvernement (on pourrait ajouter la SNCB, Doel et la grève des camionneurs). Louis Michel voudrait maintenant une peu plus de bleu en matière de politique économique et sociale.
Le patronat a déjà en 2001 bénéficié d'une baisse des charges sociales de 149 milliards. Ce n'est pas assez. La lutte sur les pensions et les allocations de chômage, pour ne citer que deux exemples, doit encore commencer. La proposition de Vande Lanotte et de Vanden Broucke de relever le minimex de 10% a d'abord été accueillie favorablement. Mais attention car l'Union européenne montre la Belgique du doigt parce que nous sommes encore un des seuls pays où les allocations de chômage ne sont pas limitées dans le temps! On peut donc deviner les pensées du gouvernement. Le débat sur le taux d'activité de la population et sur la prépension va dans le même sens. Le gouvernement présente cela comme s'il contraindre les entreprises à engager des travailleurs âgés. Dans la foulée le système de prépension, auquel les entreprises et les services publics ont eu recours, est aussi remis en cause. Le relèvement du minimex risque d'être la vaseline pour faire passer les changements de régime en matière de chômage et de pension.
La sécurité sociale est peu à peu grignotée. Au cours des 20 dernières années les allocataires sociaux ont dû se serrer la ceinture. Ainsi, une indemnité d'invalidité représentait en moyenne 44% du salaire en 1980. Elle ne représente plus aujourd'hui que 33%. Les allocations de chômage ont chuté au cours de la même période de 42% à 28%. Les invalides isolés et les chômeurs isolés se retrouvent sous le seuil de pauvreté.
La FGTB et la CSC organisent une manifestation pour la revalorisation des allocations sociales le 20 mai. C'est l'occasion de poser quelques questions pertinentes. Que reçoivent les organisations syndicales en échange de leur soutien aux "ministres progressistes"? Comment imposer un relèvement des allocations sociales sans devoir avaler un nouveau démantèlement de la sécurité sociale? Que proposent les directions syndicales?
Officiellement la situation économique est prospère. Certaines régions du pays telles que le Borinage connaissent pourtant un taux de chômage parmi les plus élevés d'Europe. En Flandre, où la situation économique est pourtant meilleure, il y a 321.000 personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ces gens n'existent pas pour les partis traditionnels. La politique économique et sociale de la coalition arc-en-ciel frappera de plein fouet les couches les plus démunies. La création d'un nouveau parti des travailleurs est la seule voie capable de formuler une alternative pour les travailleurs, les allocataires sociaux, la jeunesse et barrer ainsi la route à l'extrême-droite.