Clabecq

Duferco ferme, le procès continue...

Deux faits importants viennent de se produire. Le 4 avril, la cour de cassation a décidé se recommencer depuis le procès des 13 travailleurs de Clabecq(*). Ce n'est pas vraiment une surprise: en faisant embarquer par les flics les militants syndicaux qui occupaient pacifiquement une salle de réunion à la FGTB nationale en novembre dernier, Michel Nollet a une fois de plus donné le feu vert à l'appareil judiciaire pour continuer le procès avec la garantie que l'appareil de la FGTB ne broncherait pas. Lorsque Nollet prétend que "la mascarade du procès de Clabecq doit cesser", il ferait d'abord mieux par commencer à ôter son propre masque.

Le 18 avril, Duferco a annoncé officiellement la fermeture en 2002 de la phase liquide à Clabecq (haut-fourneau, aciérie, coulée continue, et sans doute d'autres services importants) dans le cadre d'une nouvelle restructuration de la sidérurgie wallonne. Ce n'est sans doute qu'une étape vers la fermeture progressive de toute la phase liquide en Wallonie. A Clabecq il ne restera plus que quelque centaines de travailleurs occupés au laminoir qui tourne en ce moment à 25% de sa capacité! Duferco et le ministre PRL Kubla expliquent à qui veut bien les croire que l'on créera des emplois de reconversion dans la région. Tout cela sont des promesses en l'air. La réalité est qu'on assiste à l'assassinat d'une usine sidérurgique qui existait depuis plusieurs siècles. On comprend que pour arriver à un tel résultat, patrons, ministres et dirigeants syndicaux devaient écarter à tout prix les délégués et les travailleurs combatifs de Clabecq, en les excluant du travail et en les criminalisant afin de les traîner en justice.

Pendant la lutte contre la fermeture des Forges Syndicats (bimensuel de la FGTB) n'a jamais consacré une page entière à cette lutte malgré les demandes répétées de la délégation de l'époque.

Juste après l'occupation de la FGTB Syndicats a par contre publié quatre pages de mensonges et d'insultes contre D'Orazio et ses camarades. Il a même titré: "Grâce à la FGTB (sous-entendu grâce à Nollet) 1.300 travailleurs sont à nouveau occupés aux Forges". Au congrès de la Centrale générale, sommé par les congressistes de s'expliquer sur l'intervention des flics dans les locaux syndicaux, Nollet a prétendu avoir sauvé l'emploi à Clabecq "et même qu'on allait peut-être réouvrir un deuxième haut-fourneau". Aujourd'hui, l'appareil syndical se tait sur le démantèlement de l'usine. En 1997, au plus fort de la lutte, les délégués de Clabecq avaient été bien inspirés en organisant une marche contre les menteurs...

Guy Van Sinoy

(*) Le procès recommencera devant la cour d'appel de Bruxelles. On ne connaît pas encore la date.

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