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Kleine Brogel |
Action de protestation contre les armes nucléaires
Lundi 16 avril s'est déroulée la troisième manifestation ("Bomspotting III") contre l'entreposage d'armes nucléaires à Kleine Brogel (Limbourg). Cette action, qui fait partie d'une campagne plus large contre la présence d'armes de l'OTAN en Belgique, a connu un succès important. Il y avait plus de monde que les années précédentes. Cette année il y avait plus de 1.000 manifestants et plus de 800 d'entre eux ont été arrêté.
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Une répression scandaleuse |
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Les manifestants ont été sauvagement chargés par la cavalerie. Quelques-uns ont été blessés par des coups de sabot ou ont été piétinés. Les arrestations ne se sont pas faites non plus en douceur d'autant plus que cela se passait loin des caméras. Certains militaires se sont acharnés en frappant et en piétinant les manifestants, particulièrement ceux qui avaient le teint basané. Une jeune noir a ainsi été appréhendé et battu par sept militaires. Heureusement les manifestants sont en général restés en groupes compacts, évitant de la sorte les tabassages. |
Alors que les années précédentes c'était plutôt de petits groupes d'activistes qui se mobilisaient, cette année c'était un nouveau public plus radical: contre les armes nucléaires, mais aussi continue la politique actuelle. Les hommes politiques qui s'étaient déplacés pour parader devant les caméras se sont limités à déclarer "qu'ils voulaient ouvrir le débat sur les armes nucléaires". Qu'attendent donc les vedettes de la Volksunie, d'Agalev et du SP présents à la manifestation pour ouvrir le débat au parlement?
Envahissement de Kleine Brogel
Une forme particulière d'action appliquée cette année a été l'envahissement massif de la base militaire de Kleine Brogel. Des centaines de manifestants, principalement des jeunes, ont décidé de ne pas se disperser en petits groupes pour sauter la clôture mais d'envahir massivement le domaine. L'armée et la gendarmerie n'avaient pas pensé à ça et ont d'abord été mis hors-jeu. Le premier moment de surprise passé l'armée et la gendarmerie ont organisé la répression (voir encadré). Mais ce n'était pas un signe de force.
Les armes nucléaires devant le tribunal?
L'action Bomspotting III était organisée sur le thème "Traînons les armes nucléaires devant les tribunaux". Étant donné l'arrestation brutale des manifestants le mouvement pacifiste devrait en faire une affaire judiciaire e démonter le caractère illégal des armes nucléaires. Le procureur a fait savoir, juste après l'action, que les armes nucléaires ne constituent pas une priorité et qu'aucun procès n'est donc prévu.
Comment continuer plus avant?
Il est clair que la situation a changé. Il y avait beaucoup plus de participants. Sur place il y en avait beaucoup qui n'acceptaient pas l'attitude des partis traditionnels.
En ce qui concerne le type d'action il est évident que l'action de masse est beaucoup plus efficace que les petits groupes d'anarchistes des années précédentes. Il faut donc continuer dans cette voie, élargir les actions, faire en sorte qu'il y ait encore plus de manifestants, avoir plus d'écho dans la presse et, dès que possible, lancer une nouvelle action. Non plus pour traîner les armes nucléaires devant les tribunaux mais pour montrer qu'une grande partie de la population refuse l'entreposage d'armes nucléaires sur notre territoire. L'occupation massive a montré comment grâce à l'action directe on peut obtenir des résultats. A travers une plus grande mobilisation, et pas seulement des jeunes, il faut viser à ce que la pression sur les autorités soit telle qu'elles soient contraintes d'éloigner les armes nucléaires. En mobilisant de larges couches de la population on rendra aussi la répression plus difficile. Il est relativement aisé aux forces de répression de frapper des jeunes. C'est une autre paire de manches quand il s'agit de travailleurs.
Koenraad Depauw
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