Manifestations étudiantes contre la déclaration de Bologne

En février dernier les étudiants de la VUB ont entamé des actions contre la déclaration de Bologne qui veut réformer l'enseignement supérieur en Europe (voir le numéro précédent du Militant). L'ensemble des mesures proposées dans cette déclaration s'opposent à un enseignement démocratique (restriction de l'accès aux études, enseignement placé sous la coupe des entreprises et des gouvernements). La déclaration de Bologne veut un enseignement calqué sur les besoins du marché. A partir de la VUB on a tenté laborieusement d'aller vers des actions nationales. Un des problèmes rencontrés est l'attitude des porte-parole des organisations étudiantes officielles à Gand et à Louvain. Ils invoquent le caractère vague de la déclaration de Bologne pour, de manière corporatiste, se borner à examiner cela du point de vue de l'intérêt de "leur" université.

C'est pourquoi sur plusieurs campus se développent des comités d'action indépendants prêts à agir. Ces comités d'action se forment d'abord pour informer les étudiants du contenu exact et des dangers de cette fameuse déclaration.

Un des moments importants pour lancer une campagne nationale a été la manifestation organisée le 7 mars en commun par les étudiants de l'ULB et de ceux de la VUB. Quelque 150 étudiants ont pris part à une manifestation contre la déclaration de Bologne et contre la main-mise des multinationales sur l'enseignement supérieur.

Vers midi, une journée d'action a débuté à l'ULB. Près de 200 étudiants ont participé à un forum d'information sur Bologne. Le forum était organisé par un comité unitaire. Une manifestation est ensuite partie de l'ULB vers la VUB pour se rendre ensuite ensemble au rond point Schumann, devant les bâtiments des institutions européennes. Sur place, des spaghettis sauce bolognaise ont été distribués aux passants afin de donner un aspect quelque peu ludique à l'action. Le cuisinier de service, François Bliki, avait pris soin de préparer soigneusement la bolognaise. Espérons que le qualité future de l'enseignement supérieur sera à la hauteur de la sauce préparée par François.

La journée du 7 mars est un pas en avant pour construire un mouvement étudiant à l'échelle nationale. Toute une série de problème se posent (l'approche de la période de bloque, l'attitude des porte-parole des organisations étudiantes officielles à Gand et à Louvain), mais il est vital de déjà se préparer à un mouvement qui sera en mesure, dès que les principes de la déclaration seront mis en application (ce qui pourrait bien vite arriver) de se transformer en une mobilisation de masse.

Geert Cool

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