Le feuilleton du renouveau politique

Le SP de Patrick Janssens

Fils de pub!

Patrick Janssens, président du SP et patron d'une agence de pub veut changer de fond en comble son parti. Une partie importante de la base ouvrière du SP s'est détournée de lui. Patrick Janssens s'en fiche comme de l'An 40. Il est d'accord avec De Batselier et Steve Stevaert qui trouvent que le SP a toujours trop été le parti «des malades, des faibles et des misérables» (sic!). Il projette de changer le nom du SP et de remonter à 18% et même à 24% sur le plan électoral en s'adressant à «l'électeur éduqué qui est aussi sollicité par le VLD et par Agalev» et cela avec un programme «d'égalité des chances».

A Hasselt la liste SP-Agalev de Steve Stevaert a remporté la majorité absolue mais a quand même pris les libéraux dans la coalition (comme d'ailleurs Charles Piquet à St-Gilles et Elio Di Rupo à Mons).

Que le sommet de l'ACW tente de trouver un prolongement politique du côté d'Agalev et du SP peut sembler positif. Mais comme le SP va de plus en plus à droite cela n'est donc pas un pas en avant. Les outils politiques avec lesquels la bourgeoisie impose ses choix vont sans doute subir une mutation, mais le contenu néo-libéral sera le même.

La nécessité d'un nouveau parti des travailleurs n'a jamais été aussi grande.

Le décompte des voix pour les élections commu-nales était à peine terminé que la crise de certains partis traditionnels rebon-dissait. Surtout dans les partis qui ont subi des revers électoraux. En premier lieu au sein de la Volksunie (VU), qui est au bord de l'explosion. Le CVP, dont le président fait des efforts désespérés pour ren-dre son parti incontournable lors de la formation du pro-chain gouvernement, a immédiatement proposé que la VU rejoigne les rangs du CVP. Mais on lui a fermé la porte au nez. Selon l'hebdo-madaire Knack, le patronat flamand (VEV) estime que la VU ferait mieux de rejoindre le VLD. Bert Anciaux et le groupe autour de lui (notamment ID21) commencent à se défi-nir comme «libéraux de gau-che». Mais puis Anciaux estime cependant qu'une collaboration de la VU-ID21 avec le SP et avec l'ACW (mouvement ouvrier chré-tien) est la piste la plus pro-metteuse. Le président du SP, Patrick Janssens, vou-drait transformer le SP avant les élections de 2003: il a réagi tout de suite en invitant Anciaux à participer à la dis-cussion sur la charte des droits égaux, la nouvelle idéologie de son parti, etc.

Du coté francophone on s'agite également. Le PRL a réussi à fédérer le FDF et le MCC de Gérard Deprez, mais il n'a pas pu réaliser l'ambition de devenir le premier parti de Wallonie en dépassant le PS. Contrairement à ce qui s'est passé en Flandre les franco-phones ont voté plus à gauche (PS et Ecolo) et ont presque éliminé l'extrême-droite. Le grand perdant a été une fois de plus le «nouveau» PSC qui va connaître une nouvelle crise interne. Le PS et le PRL, cha-cun de leur côté, espèrent bien en récupérer quelques mor-ceaux.

Beaucoup d'électeurs qui ont encore fait confiance à l'un de ces partis (d'autres ont voté blanc ou, pire encore voter pour l'extrême-droite) ne vont plus s'y retrouver. Le SP, est-il so-cialiste ou libéral? Verhofstadt, est-il devenu socialiste avec son «libéralis-me social». Les médias pré-sentent la coalition arc-en-ciel VLD-SP-Agalev comme si elle était de gauche.

Théo Rombouts, président de l'ACW (le Mouvement ouvrier chrétien en Flandre) a cependant éclairci les choses en annonçant que l'ACW suivrait attentivement l'évolution de la situation au CVP, à la VU et au SP car les partis démo-cratiques ayant pris le Blok comme seul adversaire «le modèle libéral n'était plus mis en cause».

C'est précisément ce que nous avançions avant la forma-tion du gouvernement: le cor-don sanitaire est un rideau de fumée qui sert à la direction du SP du PS (et aussi des verts!) de masquer leur collaboration avec la bourgeoisie. Cela ne peut mener qu'à un tournant encore plus à droite du SP et du PS et à une perte de leur base ouvrière.

Dans l'économie de marché, les intérêts des travailleurs ne coïncident pas avec ceux des patrons. Nous ne sommes dons pas devenus des «ci-toyens» sans divergences d'opinion importantes.

Le VLD, le CVP, le SP, la VU, Agalev, le PRL, le PS, Ecolo, le PSC... deviennent ainsi tous des partis «du cen-tre» qui veulent capter les voix des «citoyens», mais qui appliquent tous la même poli-tique libérale. Pour les élec-tions, il suffit alors d'apparaître comme «le plus sympathi-que». Cumuler un poste de ministre avec un poste de bourgmestre permet de se faire passer pour le père Noël. Cela rapporte d'ailleurs des voix: Vande Lanotte à Ostende, son ami Di Rupo à Mons, Steve Stevaert à Hasselt... En fait pour faire cela on n'a plus vraiment besoin de parti: une bonne agence de pub et le financement public peut suffire.

Et l'égalité des chances? C'est la distribution des miettes tombées de la table pendant ces derniers an-nées de croissance écono-mique. Comme la conjonc-ture économique en Europe et aux USA risque de faiblir, demain les Pères Noël n'auront plus grand chose dans leur hotte et il n'y aura plus d'autre solution que de lutter!

Certains diront alors qu'il s'agit d'un retour de la «vieille politique». Mais où serions-nous sans parti politique pour défendre les travailleurs?

François Bliki 1

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