|
Moyen-Orient:
Une course contre la montre |
Voici une interview de Mandy Rabin, membre de Maavak Sozialisti, la section en Israël du Comité pour une Internationale ouvrière.
Quelles sont les raisons profondes de ce nouvel Intifada?
Mandy Rabin: «Sept ans après les accords d'Oslo, les Palestiniens n'ont toujours rien obtenu. La pauvreté, l'absence de liberté, l'humiliation et la frustration sont le lot quotidien des Palestiniens. En Cisjordanie et à Gaza existent des lambeaux de territoires sous contrôle palestinien encerclés par l'armée israélienne qui contrôle les routes et les accès aux villes. La jeunesse palestinienne sent qu'elle n'a plus rien à perdre et croit à l'action de masse, au péril de la mort, pour imposer un état palestinien.»
Pourquoi ces accords d'Oslo ont-ils échoué?
«Ce n'est pas le peuple palestinien qui a imposé ces accords, mais les USA et la classe dirigeante israélienne. La clique d'Arafat a été sommée par l'impérialisme de signer. L'idée d'Oslo était de stopper l'Intifada et de faire réprimer le peuple palestinien par les autorités palestiniennes. L'impérialisme US le capitalisme israélien veulent la stabilité de la région afin d'avoir un accès aisé aux ressources pétrolières et naturelles.»
Pour la première fois depuis 1976, des Palestiniens vivant en Israël ont été tués. Cela affecte-t-il les perspectives de lutte ouvrière en Israël?
«Les Palestiniens qui vivent en Israël se sentent aliénés et trahis. Ils subissent la répression et le chômage. Cependant des réflexes de classe continuent à jouer. Ainsi récemment les inondations dans un quartier pauvre de Tel Aviv ont provoqué la mort d'un jeune garçon juif de 4 ans. Les manifestations de protestation contre la négligence des autorités ont regroupés travailleurs juifs et arabes côte à côte.»
Quel est le programme de Maavak Sozialisti?
«Nous luttons pour deux états ou-vriers, Israël et Palestine, unis dans le cadre d'une Confédération socialiste du Moyen-Orient. Notre tâche est d'expliquer qu'ils ne connaîtrons jamais la paix tant que le peuple palestinien n'aura pas son indépendance et ni les moyens de sortir de la misère. Du côté palestinien, il faut une stratégie qui noue des liens avec la classe ouvrière israélienne. La classe dirigeante israélienne est très impopulaire et des fractures de classe sont possibles.»
Sur le plan international, comment vous aider?
«D'abord en traduisant en diffusant nos positions politiques sur la question nationale, sur la faillite des accords d'Oslo, sur la nécessité d'une solution socialiste. Il est aussi important de nouer des contacts avec les Palestiniens à l'étranger pour expliquer notre point de vue. Il s'agit d'une course contre la montre pour éviter un nouveau bain de sang au Moyen-Orient.»
Interview reprise de
The Socialist