Vache folle et catastrophes écologiques:

Qu'est-ce qu'on mange ce soir?

Il aura fallu une nouvelle alerte à la vache folle en France et l'inter-diction préventive (et provisoire) de la viande de boeuf dans plu-sieurs cantines scolaires de notre pays pour que l'opinion publique se rende compte que les farines animales continuent à être em-ployées, y compris en Belgique. On nous dit que ce n'est pas pour nourrir le bétail, mais uniquement les porcs, la volaille et les pois-sons. Mais combien de morts faudra-t-il pour que l'on interdise de telles pratiques? Un an et demi après la crise de la dioxine les responsables politiques de notre pays n'ont-ils donc rien appris?

par Guy Van Sinoy

La réalité est que les gouverne-ments se préoccupent plus de la santé financière des usines d'ali-ments pour animaux d'élevage, souvent des filiales de trusts agro-alimentaires, que de la santé tout court de la population. Les intérêts du capital passent avant ceux des êtres humains. Et sur ce plan, la vache folle n'est qu'un exemple. Un an après le naufrage du pétrolier Erika, un navire poubelle bourré de produits toxiques, l'Ievoli Sun, vient de couler au large des côtes de Bretagne. Bonjour les poissons, et surtout ceux qui vont manger ces poissons! Pour ces deux naufrages on ne peut invoquer la fatalité. Tant l'Erika que l'Ievoli Sun avaient fait l'objet de rapports qui mettaient en cause le mauvais état des bateaux. Mais pour les armateurs le profit passe avant l'environnement et la santé de la population. D'autant plus que le transport maritime a recours de plus en plus à la sous-traitance qui emploie une main-d'oeuvre précaire, sous-payée et corvéable à merci. Les multi-nationales du pétrole et de la chimie peuvent ainsi mettre en concurrence des armateurs qui doivent, pour empor-ter les marchés, offrir les meilleurs prix au détriment de la sécurité.

Quand nous vendons ce journal aux portes des entreprises, dans les quartiers, sur les marchés, aux écoles, aux réunions syndicales, beaucoup de gens nous disent souvent qu'ils soutiennent nos idées et nos luttes, mais qu'il est peut-être un peu utopique d'imagi-ner une société socialiste. Les exemples que nous citons, les aliments pour animaux et le transport maritime (on pourrait en prendre d'au-tres tels que le réchauffement de la planète et ses conséquences catas-trophiques sur le niveau des océans) montrent pourtant que nous avons raison. L'utopie, c'est de croire que l'on peut concilier la santé des populations et la loi du profit.

A terme, la survie de l'humanité dépendra de la capacité de la population à se débarrasser du capitalisme pour construire un monde où les choix économiques seront faits en fonction du bien-être de tous. C'est la seule option réaliste. C'est pour cela que nous combattons et que nous vous demandons de nous rejoindre. 1

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