Une flambée de luttes... |
Le blocage des routes organisé par l’UPTR a montré que l’action paie, même si ce sont surtout les grosses entreprises de transport regroupées dans la FEBETRA qui ont tiré les marrons du feu (baisse des charges sociales et une prime par camion).
De plus, ils ont montré ce que les travailleurs pourraient faire
s’ils para-lysaient le pays avec leurs instruments de travail: camions,
bus, bulldozers, auto-pompes, etc.
Ce sont les métallos liégeois qui sont passés à l’action et qui ont forcé les syndicats à sortir du bois. Une première manif à Liège, où des débra-yages spontanés se produisaient, a montré que la tension montait de la base. Les responsables syndicaux n’ont pas eu d’autre choix que de con-tinuer. Le rassemblement de protestation devant les bureaux d’Albert Frère, à Gerpinnes, devait normalement mobi-liser 500 travailleurs. Il en est venu 1.500!
Puis, La Poste, Belgacom, le personnel des ALR (communes et provinces) de Wallonie et surtout les chauffeurs des TEC sont partis en grève. Les travailleurs de quelques entreprises du privé ont aussi débrayé.
Le prix des produits pétroliers était dans toutes les conversations et la revendication de reprendre ces prix dans l’index et de rompre avec la norme salariale montait de la base. Mais plus les mobilisations syndicales s’étendaient, plus les dirigeants syndicaux devenaient modérés.
Le 3 octobre plus de 25.000 militants syndicaux manifestaient à Bruxelles (beaucoup plus que les 10.000 prévus), mais Nollet et Cortebeeck se sont mis autour de la table pour... soutenir les ministres «de gauche» PS, SP, Agalev et Écolo! Bon nombre de manifestants se sont demandé pour–quoi on les avait fait venir à Bruxelles. Les directions syndicales ont tout fait pour ménager le gouvernement. Il sem–ble qu’elles soient pour le moment par–venues à juguler les actions de lutte, sauf aux TEC.
Actuellement le gouvernement a toujours le vent économique en poupe; il peut donc ici et là laisser tomber quel-ques miettes de la table. Mais au cours des prochains mois la pression de la base continuera à monter. De plus en plus de travailleurs réclameront une part de la croissance.
Pas mal de délégués devront se déterminer vis-à-vis de leur base et il se pourrait qu’ils soient éventuellement dépassés par des comités prêts à s’en-gager dans la lutte. Dans le meilleur des cas, les directions syndicales cour-rons derrière leur base, dans le pire elles se rallieront au patronat.
La grève du TEC n’était pas, au dé-but, reconnue par les syndicats. Elle pourrait être le présage de ce qui nous attend au cours des prochains mois. Une victoire des chauffeurs des TEC représenterait un encouragement à la lutte des autres secteurs. De toute fa-çon, elle laissera des traces profondes sur les autres secteurs.
Le gouvernement peut donc s’atten-dre à un automne chaud. Les cheminots ont déposé un préavis de grève de 48 heures pour la mi-novembre. La Sabena annonce de lourdes pertes et des licen-ciements à la clé. A La Poste, 11.000 emplois sont dans le collimateur. Les directions syndicales chez les postiers ont levé le préavis de grève; elles feraient mieux de méditer sur l’exemple de la Sabena: la privatisation n’est certaine-ment pas une garantie de meilleure gestion et elle se fera sur le dos des usagers et du personnel.
Éric Byl