A Liège, le Parti communiste (PC) répétera l'expérience des élec-tions législa-ti-ves. Certains de ses membres auraient voulu se présen-ter sur la liste du PS, la majorité de la section liégeoise s'est prononcée pour une liste ouverte du PC avec d'autres forces de gauche et des indépen-dants. Militant a répondu positivement à cette démarche ainsi que nombre d'indépendants, notamment l'ex-séna-teur Écolo Germain Dufour qui avait déjà été tête de liste de la liste ouverte du PC en juin 99.
La ville de Liège est dirigée par une coalition PS-PSC, qui sera probablement remplacée par une coalition arc-en-ciel (PS-PRL-Écolo) après le 8 octobre. Les composantes change-ront peut-être, mais la politique restera la même. Avec plus de 40.000 person-nes (sur 187.000 habitants) qui ont des fins de mois difficiles, avec 650 SDF et 4.000 logements vides pour cause de spéculation immobi-lière, sans compter les coupes budgétaires dans les services sociaux, le ras-le-bol est profond chez certains. Faute d'opposition à gauche, le danger existe de voir le Bloc wallon tirer profit de ce ras-le-bol. Pour barrer la route à l'extrê-me--droite, il faut une force à gauche prête à se battre contre les coupes budgétaires dans les services sociaux.
Malheureusement aucune force à gauche n'est capable de faire cela à elle seule. C'est pourquoi Militant plaide depuis un an pour une alliance de la gauche radicale, un alliance ouverte à chacun et à chaque organisation qui veut réellement lutter contre la politique néo-libe-rale. A notre avis la seule initiative dans ce sens à Liège, c'est la liste PC-UG. Le POS et le PTB sous des prétextes divers, refusent d'y participer.
Le POS a voulu utiliser les divers mouvements sociaux pour les faire peser sur les partis de gauche, sans doute dans l'espoir d'ame-ner Écolo à ouvrir ses listes à ces mouvements (... et au POS!) L'initiative a fait long feu. Le POS s'est alors tourné vers le PC, non pas pour proposer une liste unifiée de la gauche radicale, mais un cartel PC-POS avec des indépendants. Le POS proposait même un sigle: Union de Gauche (PC+POS). Les indépendants auraient ainsi été réduits au "+", et par la même occasion Militant. Le PC a refusé. Le POS sera donc absent des élections à Liège.
Ailleurs en Wallonie, des militants du POS figureront sur diverses listes: sur la liste d'Écolo à Charleroi, ou pire: à Anderlues sur une regroupant des indépendants, des "intérêts communaux" et... le P-SC! De son côté, le PTB présentera sa propre liste "d'ouverture", PTB+. Contrairement à ce qu'il fait à Anvers où le PTB fait une réelle ouverture, dans le reste du pays "l'ouverture" se limitera à ouvrir les listes du PTB+ à des candi-dats qui souscrivent en partie au pro-gramme du PTB sans pour autant défendre un programme alter-natif. Sont donc les bienvenus tous les inorgani-sés, mais certainement pas les membres d'autres organisations (Militant, PC). Pour le PTB, la volonté de lutter de façon unitaire semble donc se limiter aux endroits où il peut en tirer profit sur le plan électoral, pour le moment à Anvers.
En Flandre, Militant présentera des candidats à Ostende et à Gand. A Ostende, faute d'autres forces politiques (le POS, ni le PTB n'y ont des forces), Militant présentera sa propre liste. Le KP (Parti commu-niste en Flandre) et le Vonk (Unité Socialiste) ont choisi de se mettre une fois de plus sur la liste du SP. C'est pour-tant la section dirigée par Vande Lanot-te, co-responsable de la politi-que d'expulsion des Sans Papiers. De plus, le SP de Ostende n'a tenu aucune de ses promesses: bien que le SP avait promis qu'on ne toucherait pas à la Régie Maritime de Transport, celle-ci a dû fermer ses portes.
A Gand, Militant sera présent sur la liste Leef!, une liste d'al-liance de gauche: 16 candidats de Militant, 2 du POS, 13 indépendant-s. Parmi les indépen-dants: Agnès Lamoen, ancienne déléguée principale d'Arbed, et Raf Verbeke, délégué FGTB de Carnoy licencié l'été der-nier. Figurent aussi sur cette liste des membres de plusieurs comités d'actions (parkings, transports publics gratuits) qui ont lutté contre la politique de la majorité communale (SP-VLD). Malheureu-sement le POS refuse de s'investir à 100% dans la liste. Le PTB, qui a tenté sans succès de pécher des candidats indépen-dants de Leef!, refuse de présen-ter une liste commune avec Militant. Une liste commune des deux principales forces de la gauche radicale à Gand aurait pourtant été un point d'attraction!
A Anvers par contre, où il espère faire élire Kris Merckx, le PTB était prêt a accepter des candidats de Militant et surtout du POS. Militant, qui ne fait que débuter à Anvers, mènera campagne pour cette liste sans avoir de candidat (pour des raisons purement techniques). Le POS, présent à Anvers depuis des décennies, a malheureusement loupé une chance historique de créer une liste unitaire de la gauche radica-le. Bien que le PTB l'ait invité, dès le 1er Mai, à discuter de propositions intéressantes (le nom et le programme étaient ouverts à la discussion) le POS à d'abord tardé à répondre (soi--disant parce que le PTB voulait Kris Merckx comme tête de liste) et finale-ment en mettant des conditions inacceptables. Notamment en exigeant que le nom de la liste soit PVA+SAP: soit le signe du POS en entier, mais pas celui du PTB (PVDA en néerlandais). L'attitude du POS n'était pas vraiment surpre-nante: il avait déjà conclu un accord avec Agalev pour placer deux de ses dirigeants sur la liste verte. Cela revient à cautionner la majorité communale à Anvers qui a mené une politique néo-libérale. Le POS persiste à prétendre être pour l'unité à gauche. Après le 8 octobre sans doute!
En juin 1999, Militant avait participé aux élections législatives en présentant des candidat(es) sur les listes ouvertes du Parti communiste pour la Chambre, le Sénat et la Région bruxelloise. Bien que cette liste n'ait pas décroché de siège au parlement bruxellois (ce qui n'était pas hors de portée), tous les participants à la liste tirèrent un bilan positif de la campagne (à la fois le PC, Militant et les candidats indépendants). Dès l'automne 99, on envisageait de recommencer l'expérience pour les élections communales.
Bien que nous ayons lancé notre appel pour une alliance de gauche dès décembre 99, et que le PC bruxellois ait participé à plusieurs réunions sur ce sujet, les choses tardaient à se concrétiser. Avant l'été, le PC bruxellois a annoncé avoir pris une série de contacts sur le plan local: rien n'était décidé sauf à Anderlecht où le PC ne déposerait pas de liste et placerait une candidate sur la liste du bourgmestre PS!
Nous avons expliqué que nous ne voulions pas servir de caution de gauche au PC pour son alliance sur sa droite à Anderlecht. Et que dans ces conditions, nous étions toujours pour des listes unitaires à gauche (y compris avec le PC), mais que nous voulions pas figurer dans l'agglomération bruxelloise sur des listes PC proprement dites. Mais le PC a expliqué que la question ne se posait même pas car il ne dépose-rait pas ses propres listes!
Il s'agit donc, de la part du PC bruxellois, d'un recul important par rapport à juin 1999. Tout le potentiel gagné auprès de sympathi-sants et de militants syndicaux lors de la campagne unitaire de juin 99 est ainsi galvaudé. Pour une promesse de siège de conseiller au CPAS d'Anderlecht? Peut-être. C'est en tout cas fort dommage. Entre-temps, il apparaît que le PC aura aussi des candidats sur la liste du PS à Forest et à Etterbeek.
Lorsque le PTB a fait une ouverture à Anvers en proposant un rassemblement à gauche du SP et d'Agalev, nous avons interrogé le PTB à Bruxelles. Un des responsables locaux nous a répondu que l'ouverture ne valait que pour Anvers et qu'ailleurs le PTB déposerait des listes PTB+.
Une tentative de la dernière chance pour une liste unitaire a encore eu lieu à St-Gilles où la gauche enregistre en général de bons résultats. Le PC, le POS et Militant ont participé à plusieurs réu-nions (le PTB de ST-Gilles est quand même venu en observateur). Le POS, qui aura une candidate sur la liste Écolo Bruxelles-ville, n'était pas pour une démarche unitaire des organisations et espérait plutôt une initiative des "indépendants". Certains responsables du PC ne souhaitaient pas associer le PTB et celui-ci, de son côté, esti-mait que rien de concret ne semblait se dégager.
Militant et quelques militants du PC ont malgré tout tenté de rassembler ce qui pouvait l'être, mais trop de temps avait été perdu à tergiverser et les obstacles étaient trop nombreux.
Nous ne serons toutefois pas absents du paysage électoral dans la
mesure où nous mènerons, avec Jeunes contre le Racisme en Europe, une
campagne antifasciste à Schaerbeek contre l'ex-commissaire Demol.