En juin, c'était un peu comme si la terre s'était arrêtée de tourner: le
foot, le foot et encore le foot. Pas seulement à la télé ou dans la
presse, mais également dans toutes les conversations au café ou en rue. LE
match qui devait constituer l'événement était sans conteste la rencontre
Allemagne-Angleterre au stade de Charleroi: non seulement en raison de la
qualité des équipes, mais parce que cela s'annonçait comme un match "à
risques". Le jour du match, celui qui se rendait à Charleroi était
suspecté d'être un hooligan en puissance... surtout s'il parlait
l'anglais. La police de Bruxelles n'a pas été avec le dos de la cuiller:
elle a arrosé de gaz lacrymogènes l'intérieur d'un café où s'étaient
rassemblés des supporters anglais. Plusieurs centaines d'entre eux ont été
rapatriés par avion militaire. "Rapatriés" est une façon de parler
puisqu'il y avait notamment parmi eux un américain qui s'est retrouvé à
Manchester! Il n'est bien entendu pas question de prendre parti pour les
hooligans, mais la répression massive à laquelle on a assisté et la mise
en condition de l'opinion sont des précédents dangereux pour les libertés
démocratiques.
Bart Vandersteene a eu l'occasion de s'entretenir avec Kevin Miles après
la rencontre Espagne-France. Kevin est porte-parole de la FSA
(Association des Supporters de Football). Au cours des semaines écoulées
il a été interviewé à plusieurs reprises par la presse et la TV. Il est
aussi membre du Socialist Party, l'organisation sœur de Militant en
Grande-Bretagne. Il s'exprime ici à titre personnel.
Comment se déroule l'organisation générale de la compétition?
Comment expliquer l'immense popularité du football?
Peux-tu préciser comment les hommes politiques récupèrent le football?
Comment la haute finance a-t-elle fait main basse sur le football?
Comment se sont déroulés tes premiers contacts avec la police belge?
Dans quelles conditions ont eu lieu les arrestations?
Les sondages prévoient que la coalition gouvernementale remportera les
élections. Plus encore, il faut envisager que le Vlaams Blok ne progresse
encore en Flandre, c'est-à-dire qu'une partie de la population ne soit
séduite par une politique encore plus à droite. La population est-elle
pour le néolibéralisme et pire encore?
Pourtant l'existence de dizaines de comités et d'associations à la
base montre qu'il existe une résistance au néolibéralisme.
Les élections offrent l'occasion d'aller à contre-courant. Partout
en Europe, des oppositions de gauche (sous diverses formes) porte-parole
de la résistance au néolibéralisme, font des percées électorales. Pourquoi
en serait-il différemment en Belgique?
Lorsqu'en décembre dernier nous avons l'idée d'une Alliance de Gauche,
nous avons dit dès le départ deux choses: unir tous ceux qui s'opposent à
la politique néolibérale est une nécessité incontournable. Deuxièmement,
nous avons averti qu'il fallait s'attendre sur ce point à une résistance
passive, à un certain conservatisme de la part des petites formations de
gauche.
Examinons, ville par ville les pas concrets, modestes mais réels,
effectués dans cette direction.
Comme il fallait s'y attendre, les distances sont encore très grandes
entre organisations pour une alliance sur le plan national.
Certains cherchent leur salut du côté du SP ou du PS (Vonk/Unité
socialiste), d'Agalev ou des deux comme par exemple le KP (Parti
communiste) en Flandre. D'autres "bricolent" localement compte-tenu de ce
qui leur semble possible sur le plan local (le POS dans le Hainaut, le PC
en Wallonie).
Le PTB a décidé de se présen-ter à nouveau seul sous l'étiquet-te
PTB+ (c'est-à-dire des mili-tants du PTB et des indépendants d'accord avec
l'un ou l'aut-re point du programme du PTB, les membres d'autres groupes
politiques n'étant pas les bienve-nus).
Aux législatives de 1999, Militant avait participé aux listes
ouvertes du
PC. Un bilan positif avait été fait en fin ce campagne à la fois par
Militant et par le PC. Ce dernier avait proposé de recommencer aux
communales, sans préciser sous quelle forme. Depuis lors, le PC a fait
machine arrière: à Anderlecht il sera présent sur les listes du... PS.
A Anderlecht, le PS est au pouvoir depuis des dizaines d'années et
il a laissé à l'abandon des quartiers à forte population immigrée tels que
Cureghem. Dans ces conditions, Militant a expliqué qu'il refusait de se
faire complice de telles manoeuvres et d'avoir des candidats sur les
listes PC dans l'agglomération bruxelloise. Mais le PC a décidé de
renoncer à déposer ses propres listes. Ca et là, il envisagera de soutenir
ou de participer à des listes diverses.
A St-Gilles, cependant il existe une réelle chance d'Alliance de Gauche.
Une réunion unitaire a rassemblé le PC, le POS et Militant. Le PTB était
présent en observateur.
Un appel en vue d'une liste unitaire de gauche sera lancé en
juillet. Mais dès le départ, le POS semblait conditionner sa participation
à un résultat "significatif".
A Ottignies (Brabant wallon), le PC sera présent sur la liste PS.
A Liège, le Parti communiste (PC) présente une liste d'ouverture sous le
nom PC-UG (Unité de Gauche).
La liste sera emmenée par Germain Dufour, moine capucin,
ex-sénateur Ecolo. Militant sera en tant qu'organisation présent sur cette
liste. Le POS n'en sera pas: il avait mis comme condition que ce soit un
cartel Union de Gauche (PC-POS).
A Herstal, Seraing, Saint-Nicolas, Fléron et Beyne-Heusay, le PC
déposera ses propres listes. Dans d'autres communes de la province, c'est
le flou total: le PC sera sur une liste ouverte Ecolo à Trooz, sur une
liste dissidente socialiste à Flémalle et sur une liste carrément PS à
Visé.
Dans le Hainaut, le PC se présentera sous différentes formes:
listes PC ouvertes, listes Union des Progressistes. Mais à Tournai, le PC
sera candidat sur la liste PS. Le POS "bricolera" sans doute des alliances
locales à Anderlues et à Binche.
A Herzele, dans l'arrondissement de Alost, la liste
unitaire de
gauche Leef tentera de faire réélire le conseiller communal Filip De Bodt,
autour du slogan "liste radicale et indépendante".
A Alost, Leef se présentera pour la première fois. Militant
participera à la liste, le PTB pas mais il ne déposera pas de liste
concurrente.
A Ostende, Militant déposera une liste ouverte. Le PTB se
présentera uniquement pour la Pro-vince.
A Gand, il y aura une large liste de gauche, composée de Militant (de 15 à
20 candidats) et d'activistes de mouvements sociaux divers: transport
public, droit d'asile, mobilité, déchets ménagers,... L'ex-délégué de
Carnoy, Raf Verbeke, est l'un des initiateurs de la liste. La liste est
soutenue tant bien que mal par le POS qui propose pour l'instant deux
candidats.
Cette liste est plus que toute autre le reflet de la résistance à
la gestion néolibérale menée par la majorité communale SP/VLD. On peut
regretter cependant une certaine confusion. Ainsi, la liste s'appellera
Leef. Militant avait proposé Opposition de Gauche, mais malgré notre poids
numéri-que, nous n'avons pas voulu en faire un point de rupture.
Il faut également regretter que malgré de nombreuses propositions
pour déposer une liste unitaire, le PTB maintienne sa propre liste.
A Anvers, où Kris Merckx peut être élu avec 3.000 voix supplémentaires, le
PTB laisse la porte ouverte.
Il veut une large liste unitaire à condition que celle-ci soit
antica-pitaliste et antifasciste et que Kris Merckx soit tête de liste. Le
nom de la liste et la plate-for-me restent en discussion. Mili-tant
estime, compte-tenu du rapport de forces à Anvers, que c'est une
proposition acceptable et sera présent sur cette liste avec ses propres
candidats. Bien entendu, nous exigeons de le faire sous notre propre nom
et en pouvant développer notre propre point de vue.
Des tractations entre PTB et POS ont eu lieu à Anvers. Le POS a
rendu public - contre l'avis du PTB, semble-t-il - l'idée d'une liste
PTB+POS. (Le "+" étant sans doute réservé aux indé-pendants et à
Militant?) Pour l'instant les contacts entre POS et PTB sont
(provisoirement?) suspendus.
Les alliances qui se mettent sur pied sont encore chancelantes et
largement incomplètes. En outre, il ne faut pas s'attendre à une vague
électorale contre le néolibéralisme. Cependant, l'un ou l'autre élu aurait
un effet considérable sur les luttes qui se déroulent en dehors des canaux
traditionnels. Ce serait aussi une formidable occasion de populariser ces
luttes vers un large public.
Et ailleurs
Militant appellera bien entendu à voter pour ses candidats et d'une
manière générale contre la politique néolibérale. Cela n'est possible
qu'en votant pour des listes à gauche du PS, du SP, d'Ecolo et d'Agalev.
Là où c'est possible, nous appellerons à voter pour une large liste
unitaire de gauche. Si ce n'est pas le cas, pour une autre liste
d'opposition de gauche (dans la plupart des cas, PC ou PTB).
Dans des cas exceptionnels, là où il n'existe ni liste unitaire ni liste
de gauche du tout, il se peut qu'on appelle à voter pour un candidat
d'Ecolo, d'Agalev, du PS ou du SP pour autant qu'il soit lié à l'une ou
l'autre forme de lutte contre la politique gouvernementale.
Dans ce cas, nous avertirons cependant qu'un vote pour le PS, le SP ou les
verts est un vote pour la gestion néolibérale. Nous pensons que la période
d'opposition au sein des partis socialistes et d'opposition de gauche des
verts est révolue.
Depuis plusieurs semaines, vous aurez sans doute remarqué que
votre
journal quotidien consacre beaucoup de places à la préparation des
élections communales. Malheur cependant à celui qui compte sur la presse
pour éclairer sa lanterne sur les enjeux des prochaines élections.
D'abord parce que les programmes des partis traditionnels (y compris
ÉCOLO) se ressemblent tellement qu'il devient de plus en plus difficile de
les distinguer. Tous ces partis sont pour la flexibilité, la privatisation
des services publics, la «réduction des charges sociales» sur les salaires
(c'est-à-dire voler l'argent de la sécurité sociale), les fonds de pension
privé, la participation des travailleurs à l'actionnariat de l'entreprise
où ils travaillent, la police unique, la justice rapide, etc.
Ensuite parce que pas mal de journalistes sont de mauvaise foi. Dans la
presse francophone, vous ne trouvez d'ailleurs pas grand chose à vous
mettre sous la dent en matière d'alternative à gauche du PS et d'Ecolo. Il
faut dire qu'il y a un an, la presse - et en particulier Le Soir et Le
Matin - avait déjà sérieusement malmené l'information à propos de la liste
Debout.
En Flandre, De Morgen a toutefois publié un article intitulé: «La petite
gauche plus divisée que jamais», après les discussions entre le PTB et le
POS à Anvers. De Morgen n'est plus depuis pas mal de temps un journal pour
les travailleurs. Il est plutôt le haut-parleur du SP et d'Agalev, et n'a
donc aucune propension à présenter sous un jour favorable ceux qui
contestent à gauche la politique menée par ces deux partis.
La participation est un terme à la mode. A chaque décision importante du
gouvernement, le terme revient dans la bouche des ministres et des
présidents de parti. On comprend ce que cela veut dire concrètement, avec
le questionnaire adressé en juin à la population à propos du
fonctionnement des administrations fédérales (plan Copernic).
Les directions syndicales ont un peu réclamé contre l'organisation
de ce référendum Copernic. Elles trouvent le questionnaire inutile et
vague, et mettent en cause la méthode: interroger la population au lieu
des organes de concertation. Elles font passer l'information auprès de
leurs membres sans toutefois donner de mots d'ordre. Un mot d'ordre et une
campagne de masse pour boycotter le référendum auraient pourtant pu
changer le rapport de forces à l'avantage des syndicats et des
fonctionnaires fédéraux. Sans mots d'ordre, Verhofstadt a déjà gagné.
Il gagne si les réponses affluent massivement, même avec 1 million
de réponses sur 8,3 millions de formulaires diffusés. Il pourra alors
faire ce qu'il veut avec le statut des fonctionnaires fédéraux d'autant
plus que le formulaire ne permet pas d'émettre un autre avis.
Les résultats seront par la suite utilisés contre les autres
agents des services publics, notamment les postiers et les cheminots. Un
manipulateur tel que Verhofstadt ne ratera pas l'occasion d'utiliser les
résultat si "une majorité" de la population "intéressée" (ceux qui ont
complété le formulaire) se prononce pour la promotion des fonctionnaires
"en fonction des compétences". Ceux qui ont répondu ignorent peut-être que
sans augmentation sur base de l'ancienneté un salaire de fonctionnaire ne
pèse pas lourd.
Même si peu de formulaires sont renvoyés, Verhofstadt aura encore
gagné. Il pourra annoncer aux fonctionnaires que la population "ne
s'intéresse pas" aux services publics et imposer son plan Copernic en
affirmant jusqu'à la fin de sa carrière: "on avait pourtant demandé votre
avis!"
Ce questionnaire est-il plus démocratique que d'autres formes de
décision? On utilise ici toute la population pour peser contre les
travailleurs du public. Un référendum est d'ailleurs souvent utilisé par
le pouvoir pour faire avaliser par la popu-lation un point délicat à faire
passer dans le cadre strict de la constitution.
Autre forme de participation: Frank Vandenbroucke veut instaurer
la participation des travailleurs aux bénéfices de leur entreprise. Il
appelle ça le "capitalisme populaire".
Il sait pourtant que les travailleurs de GB sont partis en grève
parce que la prime de fin d'année avait été remplacée par une
participation aux bénéfices réduite à zéro pour cette année. Le groupe GB
étant scindée en unité juridiques différentes, il était évidemment aisé
pour les patrons de transférer les bénéfices d'une unité à l'autre afin de
ne pas verser de participa-tion aux bénéfices.
Pour une participation aux bénéfices, il faut la transparence,
c'est-à-dire l'ouverture des livres de compte et la levée du secret
bancaire. Mais ceci n'entre pas dans les intentions du brave Frank.
N'acceptons pas de nous laisser manipuler par le gouvernement afin
de contraindre les agents des services publics à accepter une démolition
de leur statut.
N'acceptons pas non plus de faire dépendre les salaires des
travailleurs du privé des hauts et des bas de la conjoncture, des
bénéfices et des manipulations comptables. Exigeons pour tous de bonnes
conditions de travail, un emploi stable et un salaire permettant de vivre
décemment.
La fête du foot gâchée par le fric, les hooligans et les
flics
"Il est clair que tout est organisé pour faire un maximum de profit. Tout
le monde a pu constater que les stades ne sont pas remplis étant donné le
système de vente des tickets. Ainsi, pour le match Espagne France, 16% des
billets étaient réservés à la France, 16% à l'Espagne, 33% pour le public
en général et les 33% restant pour les sponsors et l'UEFA. La vente
générale des tickets a commencé plus d'un an avant la compétition.
Autrement dit, les supporters devaient acheter des billets sans savoir
pour quel match ce serait. Et tous cela parce que les organisateurs
voulaient avant tout remplir les caisses. Cela ne pouvait que susciter le
marché noir. Qui achèterait , un an à l'avance, des billets pour un
concert pop sans savoir quel groupe se produit sur scène? Un fan du groupe
ABBA pourrait très bien, par exemple, se retrouver à un concert de Black
Sabbath! Le système de prévente pénalise le public populaire. Les
sponsors, de leur côté, n'ont pas à se plaindre: ainsi, Carlsberg a pu, en
tant que sponsor officiel, avoir l'exclusivité de vendre le verre de bière
à 100FB pendant la compétition."
"C'est un sport issu du monde ouvrier. Ainsi, en Angle-terre, le fait que
les matches ont lieu le samedi à 15h remonte à l'époque où la semaine de
travail était répartie sur 5 jours et demi: on travaillait le samedi matin
et on allait au match en sortant du boulot. La raison de l'engouement est
simple: pour jouer au foot, pas besoin de beaucoup d'équipement, un ballon
suffit. L'organisation des compétitions et des championnats a quant à
elle toujours été aux mains des autorités et de la bourgeoisie. Depuis
plusieurs année, on constate que le sport est mis hors de portée du
peuple. Les billets sont de plus en plus chers. L'abonnement le moins cher
auprès de mon club (Newcastle) coûte environ 25.000FB par an. En 1994 cela
coûtait 7.500FB. C'est devenu hors de portée de pas mal de travailleurs.
L'argent interfère de plus en plus dans le foot, et le public populaire
doit se contenter, avec un peu de chance, de regarder le match à la télé.
Consciemment, le football est utilisé pour des intérêts commerciaux. Le
matraquage publicitaire de certaines marques font que l'on peut parler,
pour reprendre la formule de Marx, d'opium du peuple."
"Chaque politicien se déclare supporter d'un club, afin d'accroître sa
popularité. Ainsi, Tony Blair a déclaré il n'y a pas longtemps lors d'une
interview qu'il était supporter de Newcastle depuis son plus jeune âge. Et
lorsqu'on lui demande quel était son jou-eur favori à l'époque, il répond:
"A huit ans, je suis venu pour la première fois dans ce stade où j"étais
assis à cette place. Mon joueur favori était Jackie Millburn.'
Malheureusement pour Blair, il n'y avait pas à l'époque de places assises
dans le stade et Jackie Millburn a cessé la compétition quand Tony Blair
avait à peine 4 ans."
"Newcastle est une équipe d'une région où il y avait beaucoup
d'industries, de chantiers navals et de charbonnages. Cela n'a jamais été
un club riche, mais il était supporté par la population. Cela a
complètement changé au cours des dix dernières années. Aujourd'hui
Newcastle est le deuxième club le plus riche en Angleterre. Une seule
famille a mis la main sur le club en déboursant près de 200 millions de FB
et l'a mis en bourse. La valeur de leurs actions vaut aujourd' hui environ
7 milliards de FB. Le chef de cette famille était devenu le directeur du
club. Il a été accepté par les supporters étant donné le succès du club.
Un journaliste britannique est tombé sur le père et le fils dans un bordel
en Espagne où ils se faisaient passer pour des hommes d'affaires arabes.
Lorsque ce journaliste leur a demandé conseil pour placer son argent, ils
lui ont dit de placer ses économies dans un club de football tellement ça
rapporte. Les propriétaires du club affirment que les supporters sont
stupides de payer si cher leurs tickets et qu'ils ne sont intéressés que
par une chose: boire. Les joueurs pensent qu'ils gagnent beaucoup d'argent
- ont-ils continué - mais ils doivent pour cela beaucoup travailler tandis
que nous gagnons beaucoup plus à ne rien foutre. Ces propos ont été
largement repris par la presse. Beaucoup de suppor-ters ont alors commencé
à penser que l'intérêt des sponsors était le fric et non l'amour du
sport.."
"Je voudrais d'abord dire que ce n'est pas une sinécure de bien organiser
une pareille compétition. Mais le contraste entre le comportement de la
police en Belgique et en Hollande sautait aux yeux. En Hollande, la police
était présente par petits groupes, pas en tenue de combat, bavardant
amicalement avec les supporters. Ils étaient ainsi en mesure d'étouffer
dans l'oeuf toute tentative d'émeute. C'était complètement différent en
Belgique. Par exemple, le jour du match entre l'Allemagne et l'Angleterre,
j'étais présent au marché de Charleroi avec environ 3 à 4.000 supporters
anglais. Pendant toute la journée on n'a pas vu un seul policier. Ce n'est
que lorsque la tension a commencé à monter que des centaines de policiers
ont fait irruption en tenue de combat, avec le résultat explosif que l'on
peut imaginer."
"Eh bien il y avait quelques groupes déplaisants parmi les supporters
anglais, notamment des groupes de néo-nazis et de racistes virulents. La
police belge s'est montrée incapable de les différencier des milliers
d'autres supporters. Les hooligans devaient représenter de 1 à 2% de
l'ensemble. On avait donc environ 75% de supporters traditionnels et entre
les deux un groupe de supporters qui aurait pu être entraîné par les
hooligans en fonction des circonstances. Il y a eu un millier
d'arrestations, parmi lesquelles 500 supporters ont été renvoyé à
Manchester par avion. La police a dû reconnaître qu'elle avait arrêté des
centaines d'innocents. Nous avons ouvert une ligne d'alarme afin de
rassembler tous les cas et examiner la nécessité, le cas échéant, d'exiger
des dommages. Il faut cependant être prudent car nous ne disposons pas
encore de toutes les preuves, mais les récits sont éloquents. Un touriste
américain a été embarqué par la police et déporté à Manchester parce qu'il
parlait l'anglais. Une femme nous a téléphoné pour nous demander si nous
savions où était son mari. Après le match, elle et son mari étaient
rentrés à l'hôtel. Il était descendu prendre un dernier verre au café près
de l'hôtel. Il s'est fait embarquer par la police quand celle-ci a ratissé
le café et il a été réexpédié en avion vers l'Angleterre. Sa femme a dû
rester deux jours à l'hôtel, jusqu'à ce qu'elle sache ce qui s'était
passé, tous les bagages, les billets et la voiture qu'elle ne pouvait pas
utiliser car elle n'a pas de permis de conduire."
"Toutes les fédérations de supporters ont intérêts à bannir le racisme et
la violence du football. Nous essayons dans la mesure du possible d'isoler
les individus qui ont un comportement provocateur. Cela ne dérange pas la
plupart des supporters si la police s'en prend aux fascistes. Mais quand
la police s'y prend comme elle vient de le faire, tout ce que nous avons
fait ne sert à rien et on suscite un climat explosif et une spirale de
violence."
Alliances de Gauche:
La voix de l'opposition contre la politique
néolibérale
Nationalement:
A Bruxelles et dans le Brabant wallon:
En Wallonie:
En Flandre:
Bilan provisoire
La presse et les listes de gauche
Participation ou manipulation?